mardi 18 juillet 2017

Reignac : le petit Bordeaux qui s'est rêvé Grand Cru

Yves Vatelot, propriétaire du Château de Reignac — Entre-Deux-Mers —, a comparu devant le tribunal de Bordeaux pour « pratiques commerciales trompeuses ».



Toute cette histoire commence par une dégustation à l'aveugle organisée par un grand jury de dégustateurs. En 2009, le Château de Reignac concourait au côté de Petrus, Château Margaux et autre Cheval Blanc. Résultat de la dégustation à l'aveugle : notre fameux domaine arrivait deuxième, derrière le Château Angelus. Dans la foulée, Yves Vatelot lançait sur Youtube une vidéo qui poussait comme des champignons suspects sur les réseaux sociaux.


Mon avis sur cette vidéo


Cette vidéo a été capturée à l’hôtel Laurent (Paris), le 29 juin 2009. Cette dégustation à l'aveugle est organisée par François Mauss, créateur du Grand Jury Européen en 1996. L'objectif de Mauss est de proposer un point de vue collectif sur les vins pour limiter l'influence des critiques unilatérales. Ainsi, il a proposé à 15 dégustateurs reconnus 11 vins du millésime 2001 sans connaître les étiquettes à l’avance. Jusque-là tout va bien me direz-vous ?

... Mais il ne faut pas pousser mémé !


Je trouve édifiant et instructif de voir les pontes de la dégustation dire que le Château Haut-Brion est imbuvable, que le Château Margaux est acide ou encore que le Petrus 2001 est évolué sans pour autant les avoir reconnus à l'aveugle ! Pour des pointures du monde du vin, ça fait presque peur...

À côté de ça, ces cadors adorateurs de Bacchus font du pied au Château Reignac 2001, un simple Bordeaux Supérieur à moins de 20 €. Le vin est confondu avec le Château Angelus et est placé deuxième de la dégustation. La vérité c'est que le Château Reignac n'est pas un mauvais vin, c'est même un très bon Bordeaux supérieur à moins de 20 €. Par contre, de là à le confondre avec la crème de la crème du bordelais, il ne faudrait pas pousser. Et dire qu'il donne chaque année des conseils sur les primeurs bordelais, alors qu'ils ne sont pas foutus de faire la différence entre un Bordeaux supérieur et un Petrus...

Loin des meilleurs Bordeaux, ce vin manque de finesse, d'élégance et de complexité pour entrer dans la cour des grands. Je me demande encore aujourd'hui comment le « Grand » Jury Européen a pu donner un avis aussi partial sur cette dégustation. Grisé par leur notoriété, ont-ils passé plus de temps à vouloir reconnaître les vins qu'à vraiment les noter ? Nous ne le saurons certainement jamais.

Imaginons qu'ils sont à la hauteur de leur réputation démesurée


Une dégustation comme celle-ci n'est qu'une photographie capturant en une demi-seconde un instant futile du monde du vin. C'est bien beau tout ça, mais qu'en est-il de la capacité de vieillissement de ces quilles ? Reignac, après 20 ans de conservation, risque d'être bien fade face à un Petrus du même millésime ! En plus de ça, le Reignac dégusté était-il à son apogée lors de la dégustation face à ces concurrents bien trop jeunes pour être appréciés à leur juste valeur ?

Leur devise est jolie sur le papier. Comment pourrait-on contredire qu'un avis collectif soit meilleur qu'un seul ? On se croirait dans un roman d'Alexandre Dumas où les héros scandent en chœur « Un pour tous, tous pour un ! ». Sauf qu'une somme de subjectivité ne donnera jamais une objectivité. Donc ce que proposent ces dégustateurs, comme d'habitude, c'est de la poudre de Perlimpinpin !

Le tour était joué, il ne manquait plus que les journalistes et blogueurs ayant pignon sur rue pour que l'information soit propagée comme une traînée de poudre.

Quand on attaque l'Empire, l'Empire contre-attaque


Bien que cette vidéo ait fait beaucoup parler d'elle, c'est un encart publicitaire dans le Figaro qui a fini par déclencher l'ire de la profession. Le vigneron de Saint-Loubès s'était inspiré en 2014 du slogan de France Info pour provoquer le Léviathan bordelais. La publicité revendique en ces quelques mots : « Reignac, 1er grand cru classé ». Un astérisque renvoyait à une mention révélant que « Si c’était vrai, peu se l’offriraient. »



Sous la pression et la détermination de la profession, Yves Vatelot s'était contraint à modifier le contenu de sa publicité. Mais c'était trop tard, l’inquisition bordelaise était lasse de son comportement hérétique ! Trois ans plus tard, le propriétaire du Château de Reignac se retrouve sur le banc des accusés pour pratiques commerciales trompeuses et publicité comparative illicite. Le Conseil des vins de Saint-Émilion, l’Union des grands crus classés de Graves et le Conseil des grands crus classés de 1855 n’y vont pas avec le dos de la bouteille. Chacun réclame la modique somme de 100'000 € de dommages et intérêts.

L'enquête menée par la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi, judicieusement appelée Direccte, a confirmé les accusations. « Toute sa commercialisation est basée sur la comparaison. Il cultive en permanence le doute et entretient la confusion », accuse Me Poulou en détaillant les brochures et le contenu de certaines des pages du site Internet du Château.

Pour Yves Vatelot cette mascarade de justice n'a aucun sens : « Le consommateur moyen s’y connaît. Il sait qu’à 20 euros, il ne peut pas se payer de grands crus classés ». Mais les vieux décrets sont toujours là et de vigueur.




L'utilisation de la mention « Grand Cru classé » est codifiée. Personne ne peut s'en prévaloir car son usage est exclusivement réservé aux élites du vignoble de Bordeaux. Quant à la publicité comparative, elle n'est acceptée qu'entre viticulteurs de même « niveau ». Rien n'interdit les Bordeaux Supérieur de mener un combat de coqs, mais ils doivent le faire dans leur cour.

« Il agace les grands crus »


Juridiquement, les dégustations à l'aveugle remettant en cause la suprématie de Grands Crus n’ont pas grande valeur. « Les journalistes, les critiques peuvent faire des comparaisons. Ils en ont le droit. Lui non. La législation protège les grands crus classés. La bouteille est chère, mais derrière il y a la qualité », insiste la procureure Nathalie Queran, requérant une peine de prison avec sursis assortie d’une amende de 30'000 € à l’encontre du Château de Reignac.

L'avocate d'Yves Vatelot, Me François Tosi déplore « Ces poursuites qui n’ont pas de sens ». « On lui reproche, par exemple, d’avoir dit que son terroir était digne de celui d’un grand cru classé. Mais c’est écrit dans le Féret, la bible des vins de Bordeaux. En quoi, s’appuyer sur des écrits incontestables ou sur des critiques de spécialistes pour promouvoir ses crus serait illicite ou de nature à induire en erreur ? Reignac tire vers le haut l’appellation Bordeaux Supérieur mais il agace les grands crus. Ils veulent lui mettre le pied dessus », s’emporte François Tosi sous le regard du dit vigneron.

La justice leur a donné raison. Yves Vatelot devra payer 30'000 € d’amende, dont 20'000 € avec sursis. De plus, le vigneron devra verser 2'000 € à chaque partie civile.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Les Animaux de la Peste — La Fontaine


Ici, le bodet ne s'est pas contenté de tondre le pré de la largeur de sa langue. Il s'est cru pour le renard et a eu les dents bien longues en s'attaquant avec désinvolture aux « Rois » du bordelais. Cette affaire nous révèle qu'il n'y a pas de gagnant, mais que des perdants. À vouloir trop en faire, on se retrouve sur le banc des accusés à plaider une cause perdue face à des puissants dont le pouvoir n'a d'égale que leur avarice.

Que pensez-vous de cette affaire ? Le Château Reignac a-t-il été trop gourmand ou les Grands Crus bordelais sont allé trop loin ? N'hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

Jean-Nicolas Mouretin

À lire aussi :
lire la suite ...

jeudi 13 juillet 2017

Quel vin boire avec une salade de tomates et mozzarella ?

Au cours de la période estivale, lorsque les jours sont plus longs et chauds, je rêve soir après soir de nourriture plus légère. Ma mère serait fière de savoir la quantité de légumes que je peux engloutir volontairement lorsque les températures augmentent.



S'il y a bien une entrée que l'on apprécie volontiers pendant la saison estivale, c'est bien la salade de tomates et mozzarella. Il est difficile d'imaginer une entrée plus rafraîchissante que celle-ci avant d'attaquer le barbecue. Saviez-vous que la salade de tomates et mozzarella, ou devrais-je dire la salade caprese, est née qu'en 1952 ? 

La salade caprese : avant tout une belle histoire !


Au large de la côte d'Amalfi, près de Naples, l'île de Capri attire de nombreux vacanciers. Mais ce n'est pas que les belles maisons blanches au bord de la mer qui les attirent, il y a aussi la gastronomie locale. La fameuse salade caprese est née en ces lieux : des tomates, de la mozzarella et du basilic. Une recette des plus simple, mais symbolisant bien l'endroit.

L'appétit du roi Farouk.




Ce sont toutes ces raisons qui ont mené à Capri l'homme à qui on doit cette salade. En 1952, le roi Farouk d'Égypte en exil fait escale sur l'île et commande la première salade caprese de l'histoire. La scène se passe au Chat Blanc, hôtel luxueux de l'époque, après la baignade matinale du souverain. Le petit-fils du gérant des lieux se souvient « Il a demandé quelque chose de frais, alors on a inventé cette salade, qui nous rappelait d'ailleurs les couleurs du drapeau italien ».

Comment préparer une belle salade caprese ?


La recette de la salade caprese, ou tomates-mozzarella, est d'une simplicité déconcertante. La vraie différence va se jouer sur le bon choix des ingrédients.



Les tomates doivent être bien mûres et goûteuses pour ne pas être trop acides et avoir du goût. : préférez les tomates « cœur de bœuf » ou « noire de Crimée » pour mettre toutes les chances de votre côté. Choisissez une mozzarella di buffala plutôt que les morceaux de plastique à 10 centimes trouvés au supermarché !

Préparation : 10 minutes
Pour 4 personnes :
Tomates – 4 bien mûres
Mozzarella di buffala – 4 de 250 g chaque
Huile d’olive vierge extra – 100 ml
Basilic
Origan – 1 cuillère
Poivre et sel

Versez l’huile d’olive dans un bol et mélangez-la avec le sel et l'origan et laissez le tout de côté. Coupez les tomates et la mozzarella en tranche. 
Sur chaque assiette, disposez à tour de rôle les tranches de tomates et de mozzarella ; entre chaque tranche, faites couler un peu de votre mélange précédent et déposez des feuilles de basilic frais. Utilisez ce qu'il vous reste de feuilles de basilic et de préparation pour décorer, assaisonnez votre assiette avec un fil d’huile d’olive, poivrez et le tour est joué ! 

Vous pouvez adapter cette recette en y ajoutant un trait de vinaigre balsamique ou en remplaçant le basilic par de la menthe fraîche. 

Quel vin choisir pour accompagner votre salade caprese ? 


Ce qui m'a donné envie d'écrire cet article est le site d'un restaurant proposant « un Chianti bien frais » pour accompagner sa salade de tomates et mozzarella. C'est une pure hérésie, parce que la salade caprese réclame des vins avec le même caractère : de la fraîcheur ! Il faut donc mieux opter pour un blanc ou un rosé. 

La mauvaise idée du vin rouge


Du côté des vins blancs


Avec votre salade de tomates et mozzarella, je vous conseille de vous diriger vers un vin blanc sec léger plutôt vif. On évite donc les vins blancs boisés ou gras. 

On peut jouer sur le « presque » local avec des vins du pourtour méditerranéen. Quel vin blanc choisir pour accompagner votre salade de tomates et mozarella ?

Les Côtes du Rhône blancs sont des vins très aromatiques et dominés par de belles notes de fleurs blanches. 

Un Cassis blanc sera aussi une très belle possibilité. Ce vignoble surplombant la Méditerranée est dominé par des notes de fleurs blanches et d'agrumes. Ce vin à la particularité d'être doté de fines notes iodées. 

Majoritairement composé de Marsanne et de Clairette, le Cassis Blanc est une très belle possibilité. La Marsanne, originaire de la vallée du Rhône, s’est parfaitement adaptée à la région. Elle apporte des arômes fins dominés par des notes de fleurs blanches ainsi qu'une belle longueur en bouche. La Clairette participe à la fraîcheur des blancs de Cassis. Elle leur offre des senteurs anisées, de garrigue, de miel d’acacia et de fruits à chair blanche. Elle confère, en outre, de la rondeur et du gras.



Mon accord parfait : l'accord que j'apprécie par-dessus tout avec la salade caprese est un blanc des Alpilles. Le Mas de Gourgonnier est un vin issu de raisins de l’agriculture biologique. Ce vin est un assemblage de Sauvignon, de Rolle et de Grenache blanc.Le nez est fin, subtil, et nous annonce une belle fraîcheur en bouche. On a l'impression de sentir un bouquet de fleurs blanches. En bouche, nous retrouvons les mêmes arômes avec, en accompagnement, de belles notes acidulées d'agrumes. Ce vin est d'une fraîcheur pure, vibrante et revigorante. 


Du côté des vins rosés


La salade caprese est un bon exemple d'équilibre : on y retrouve de l'acidité grâce à la tomate, opposée au gras de la mozzarella, et le tout relevé par l'intensité aromatique du basilic. La salade de tomates mozarrella se marie à merveille avec un rosé frais et fruité.

Vous pouvez aisément associer votre plat à un Côtes de Provence rosé et ses saveurs de fleurs blanches, d'agrumes et de fruits exotiques. Ce vin particulièrement léger sera le compagnon idéal de la salade de tomates mozzarella. Il mettra en avant les arômes en s'associant discrètement aux saveurs du plat.

Vous pouvez aussi opter pour un vin de la Vallée du Rhône : un Côtes du Rhône ou un Lirac sont de très bons choix pour cet accord met et vin. Sans oublier les vins du Languedoc, comme un Corbières rosé.



Mon accord préféré : Les connaisseurs le désignent comme le meilleur rosé en France. Je parle bien entendu du Tavel. Il se distingue par une belle expressivité aromatique pour un rosé. On y retrouve des arômes profonds de fruits rouges. Neuf Cépages de caractère peuvent être associés ; qui chacun par son caractère, apportent une matière et une lumière particulière au Tavel. C'est un vin rosé parfaitement équilibré, tout comme notre salade caprese !

Du côté des vins rouges


Même s'il y a des irréductibles voulant mettre le vin rouge à toutes les sauces, je vous déconseille d'accompagner votre salade caprese avec un vin rouge. Les tanins, même légers, prendront le dessus sur les arômes légers de ce plat.

Jean-Nicolas Mouretin


A lire aussi :

Retour au Sommaire des Accords Mets et Vins

Vous avez apprécié ce que vous avez lu ? Partagez le avec vos amis et rejoignez la page Facebook du blog vin Beaux-vins, rien ne me fera plus plaisir !

lire la suite ...

mercredi 21 juin 2017

J'ai testé pour vous : la dégustation par Les Vins d'Hélène

Les Vins d'Hélène, c'est en premier lieu une personne : Hélène Martin-Vivier. Elle façonne sa vision du milieu vinicole pendant 20 ans auprès des Domaines barons de Rothschild avant de rejoindre Decanter Magazine. Elle a aussi su s'entourer de grands noms du monde du vin comme Franck Thomas, meilleur sommelier de France et d'Europe 2000.



Ensemble, ils sélectionnent des vins élégants pour vivre de véritables expériences gustatives à Paris ou en entreprise.

Hélène, caviste à domicile, organise des dégustations conviviales et ludiques, une expérience unique pour ressentir le vin. Ici, pas la peine d'être un expert, c'est une aventure ouverte à tous. On écoute son cœur ! On laisse le vocabulaire d’œnologie compliqué de la dégustation au placard.

Un lieu, une invitation au voyage


La nuit de Diane - Jan Fabre

Il y a peu, j'ai été convié par Les Vins d'Hélène à retrouver une vingtaine de personnes pour participer à un atelier de dégustation au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Au commencement, je fus surpris par le choix du lieu. Pourquoi faire une dégustation de vins dans un musée ? Pour vivre un voyage émotionnel !

Hélène intervient dans des lieux où on ne l'attend pas : des musées, des galeries, un concert. Son idée : allier le beau et le bon dans un moment sur mesure.

Inauguré par André Malraux, l’hôtel de Guénégaud réunit des collections sur le rapport étroit entre l'Homme et son environnement naturel.

Vex - Kate MccGwire

Accompagnés d'une guide, nous découvrons une sélection d'œuvres d'art. Des tableaux, des tapisseries et installations qui ne sont pas choisis au hasard : ils sont les passerelles menant à la dégustation. On parle de ce qu'on y voit, de ce que ces œuvres nous font ressentir.

L'œuvre Vex de Kate MccGwire résume bien l'expérience. Tandis que la guide nous demandait ce qu'on y voyait, certains voyaient en cette forme la naissance, d'autres l’oppression ou la peur. Ici, pas de mauvaises réponses : on parle de ce qu'on ressent, les langues se délient, le partage commence.

On se promène dans le Musée, découvrant et discutant des quatre œuvres d'art. On se découvre comme lors d'un voyage entre amis.

Une dégustation, l'aboutissement du voyage




Une fois cette immersion artistique terminée, il est temps de voyager au cœur de son goût. Autour d'une table, on découvre de beaux vins à l'aveugle associés à de beaux mets dans une ambiance conviviale.

On se laisse transporter par les odeurs, les saveurs, mais surtout par nos émotions et souvenirs, véritables sources d'inspirations pour parler de Grands Vins. On goûte le vin, on l'associe à un met, bien au-delà d'une dégustation classique : on associe le vin à une des œuvres d'art. C'est là toute la beauté des dégustations organisées par Les Vins d'Hélène !

On est pas là en œnologue à parler roue des arômes, millésimes et cépages : on se dévoile à soi-même et aux autres autour d'un verre de vin.

Les autres ateliers de dégustation


Caviste à domicile


Les Vins d'Hélène, ce n'est pas seulement des ateliers de dégustation dans un musée, c'est aussi la possibilité de passer une soirée inoubliable avec ses amis, et ce, directement chez soi. Plus besoin de traverser le tout Paris, la dégustation vient à vous ! L'animateur vient avec tout son matériel pour vous faire passer un moment simple et inoubliable à la fois.

Pendant 1h15, partez dénicher vos crus coups de cœur. À l'issue de la dégustation, votre animateur est là pour répondre à vos questions, prendre vos commandes pour que vos crus préférés soient livrés chez vous quelques jours plus tard.

Ateliers de dégustation en entreprise


Le vin est une boisson sociale, porteur de convivialité et de plaisir. Organiser une dégustation en entreprise est le moyen parfait pour fédérer et passer un bon moment entre collaborateurs. Le Team Building œnologique est à la portée de tous, mesuré et sur mesure. Une expérience prouvée et appréciée.



Jean-Nicolas Mouretin


Les Vins D'Hélène


Les Vins d’Hélène • Caviste à domicile et dégustation

Site web : www.lesvinsdhelene.com
Facebook : Les Vins d'Hélène
Mail : Helene@lesvinsdhelene.com

* Cet article a été publié en collaboration avec Les Vins d'Hélène

Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !

lire la suite ...

mercredi 7 juin 2017

Le Champagne Blanc de Blanc n'existe pas !

Le 16 Septembre 2016, L'apprentie sommelière sort une vidéo sur Youtube appelée « Le glossaire du vin - 1 ». Cette petite vidéo de 3 minutes très bien faite  vous explique quelques mots du vin. Entre caudalie, astringent et autres Chardonnay, un terme a éveillé en moi le doute et l'envie d'écrire un nouvel article sur le Champagne.

Le Blanc de Blanc n'existe pas


Au cours de la vidéo, L'apprentie sommelière nous explique le terme « Blanc de blanc » et c'est là où le bât blesse. 

blog vin Beaux-Vins Champagne Blanc de Blancs

Cette expression est utilisée pour décrire un Champagne et déterminer les cépages utilisés dans l'assemblage. Dans ce cas, cela signifie qu'il est produit exclusivement avec des cépages blancs — plutôt simple, non ? —

L'Apprentie Sommelière explique que pour produire un « Champagne, il y a trois cépages autorisés : Pinot Noir, Pinot Meunier et Chardonnay ». Elle ajoute ensuite que lorsque l'on dit Blanc de Blanc, cela signifie qu'il est fait uniquement à partir de Chardonnay.

Vive le Blanc de Blancs !


blog vin Beaux-Vins Champagne Blanc de Blancs Ruinart

Si vous regardez attentivement les bouteilles de Champagne chez votre caviste ou dans les linéaires de votre supermarché, vous pourrez constater qu'aucune maison de Champagne n'utilise la mention « Blanc de Blanc », mais préfère « Blanc de Blancs ». Inversement, on parlera d’un champagne « Blanc de Noirs » lorsque celui-ci est élaboré uniquement à partir de raisins noirs à jus blanc. Les champenois seraient-ils tombé sur la tête ?

Pas le moins du monde. En réalité, c'est bien notre Apprentie Sommelière qui a encore besoin d'apprendre avant de le devenir. 

Les cépages principaux autorisés en Champagne


Le Pinot Noir


Ce cépage représente près de 38 % de la surface plantée en Champagne. Il est très présent dans la Montagne de Reims, la Côte des Bar ainsi que la partie Est de la Vallée de la Marne. C'est un cépage noir à chair blanche avec des grappes compactes rappelant la pomme de pin, d'où son nom de Pinot.

Le Pinot Noir se caractérise par sa puissance, sa rondeur et sa complexité. Avec ses notes poivrées et fruitées, il structure le Champagne.

Le Pinot Meunier


Le Pinot Meunier représente près de 32 % de la surface plantée en Champagne, essentiellement implanté dans la Vallée de la Marne. On l'appelle ainsi car de petits poils blancs le recouvrent et font penser à de la farine.

Il apporte de la souplesse et de la rondeur au Champagne.

Le Chardonnay


Ce cépage représente près de 29 % de la surface plantée. On le retrouve essentiellement dans la Côte des Blancs. C'est un cépage blanc qui donne au Champagne de la fraîcheur et de la vivacité. Dans un Champagne de garde, le Chardonnay va s'assagir avec le temps en devenant plus rond, plus complexe.

Les cépages méconnus autorisés en Champagne


Vous l'aurez compris, il n'y a pas que 3 cépages en Champagne sinon nous ne parlerions pas de Blanc de Blancs... et les trois cépages précédents représenteraient 100 % de la surface plantée en Champagne.

Nous pouvons ajouter à nos trois cépages principaux, quatre cépages marginaux : l’Arbane, le Petit Meslier, le Pinot Blanc et le Pinot Gris. Ils ne représentent que 90 ha sur toute l’aire d’appellation Champagne, mais ils existent ! 

L'Arbanne


Aussi appelé arbenne, arbone, darbanne, albane ou urbane... Il donne un vin délicat, de qualité, sec, nerveux, très bouqueté, correctement pourvu en alcool les bonnes années tout en conservant une bonne acidité, apte à vieillir.

Le Petit Meslier


Ce cépage donne un vin blanc sec de bonne qualité, agréablement parfumé, riche en alcool, fin, vif, prenant facilement en mousse et présentant une typicité aromatique.

Le Pinot Blanc


Le Pinot Blanc donne au Champagne un nez très fin sur les fruits blancs et une bouche sur la légèreté tout en rondeur.

Le Pinot Gris ou Fromenteau


Le Pinot Gris apporte un nez puissant sur les épices et une bouche opulente suivie d'une finale tout en fraîcheur.

Quelle cuvée pour découvrir tous ces cépages ?


blog vin Beaux-Vins Champagne Les 7 Laherte Frères

Les 7 du domaine Laherte Frères


Plusieurs siècles auparavant, nos ascendants cultivaient déjà la vigne. Les méthodes de travail n’étaient pas celles actuellement, et les cépages non plus. Ces cépages perdus de la Champagne, nous les avons retrouvés au sein de nos vieilles parcelles et avons décidé de recréer une parcelle d’antan, afin de déguster à nouveau ce qu’était un vin de Champagne il y a 250 ans…

Assemblage : Terroir de Chavot. Plantation récente. Exposition Nord-Est. Sol argilo-calcaire profond avec présence de petits cailloux, schistes et silex. Sous-sol crayeux. Réparation des cépages, environ :
  • 10% Fromenteau
  • 8 % Arbanne
  • 14 % Pinot Noir
  • 18 % Chardonnay
  • 17 % Pinot Blanc
  • 18% Pinot Meunier
  • 15 % Petit Meslier

Jean-Nicolas Mouretin

À lire aussi :

Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !
lire la suite ...

mercredi 17 mai 2017

Qu'est-ce que les primeurs de Bordeaux ?

Chaque année, lorsque le printemps arrive, vous entendez parler des primeurs de Bordeaux. Vous connaissez ces quelques mots, mais vous ne savez certainement pas ce qui est derrière. À la fin de cet article, vous serez un véritable professionnel sur le sujet !

primeurs bordeaux vin blog beaux-vins oenologie

Vins primeurs ou Vins en primeurs ?


Venant du Beaujolais, lorsqu'on me parlait de primeur, je pensais tout de suite au Beaujolais Nouveau. Mais méfiez-vous, cela n'a rien à voir. 

Un vin primeur est un vin jeune, vendu avant sa maturité. C'est le cas du fameux « Beaujolais Nouveau » commercialisé le troisième jeudi de novembre.

La vente de vins en primeurs est un système de vente spécifique aux vins de Bordeaux. La propriété met en vente une partie plus ou moins importante de sa production 6 mois après les vendanges. En achetant en primeur, l'acheteur « réserve » un vin dont l'élevage n'est pas encore fini. Douze à dix-huit mois plus tard, lorsque l'élevage du vin est terminé et que ce dernier est mis en bouteille, le client pourra alors profiter de ces précieux flacons.

D'où vient cette tradition ?


Au XVIIIe siècle, le négoce bordelais se rendait chez les propriétaires quelques mois avant les vendanges pour estimer et acheter la récolte sur pied. Ces « ventes sur souches » sont les ancêtres des ventes en primeur.

Le système actuel des primeurs a été mis en place durant les années 1970. Il s’est en grande partie formalisé au début des années 1980, grâce au baron Philippe de Rothschild qui organisa une dégustation de son millésime 1982 dès le mois d’avril, alors que son vin était encore en élevage. Cette dégustation fut très largement partagée par la presse.

La vente des vins en primeurs permet au négoce d’acheter et de payer aux propriétés le vin près de deux ans avant leur mise sur le marché. Ainsi, le négoce réserve ces bouteilles à un prix plus intéressant que celui du vin lors de sa mise sur le marché effective. Pour les propriétaires, ce système permet d'engranger une avance de trésorerie avant la mise sur le marché du vin pouvant être utilisée pour financer la récolte suivante et l’élevage des vins en cours.

primeurs bordeaux vin blog beaux-vins oenologie


Qu'est-ce que la semaine des dégustations primeur ?


On ne peut pas parler du système des primeurs sans s'intéresser à la « Fashion Week du vin bordelais ». Cette semaine de dégustations primeur réunit tout le beau monde du milieu du vin. L’Union des Grands Crus de Bordeaux et différents groupements de producteurs réunissent les professionnels du vin du monde entier pour déguster le dernier millésime.

Acheteurs, négociants et journalistes se pressent aux différentes dégustations organisées par regroupement d’appellations ou directement au château. Les vins les plus prestigieux ne peuvent, quant à eux, être dégustés que sur rendez-vous. Cet exercice difficile de dégustations consiste à estimer la qualité du millésime avant que le vin soit fini pour estimer ses achats.

primeurs bordeaux vin blog beaux-vins oenologie


Dans ce contexte, le rôle de la presse et des grands dégustateurs est primordial. Les notes attribuées aux vins sont décisives pour les ventes du vin. Les trop fameuses notes de Parker donnaient la tendance décisive pour le millésime et pouvait être une bénédiction comme l'inverse. Une note supérieure à 90/100 par Parker assurait au propriétaire une belle année pour les affaires. Heureusement, Parker ne fait plus aujourd'hui la pluie et le beau temps. Le consensus entre les principaux dégustateurs permet de qualifier la qualité du millésime.

Après cette semaine de dégustation primeurs, la presse et les grands dégustateurs rendent leurs verdicts par appellation et propriété, sur les différents vins qu'ils ont pu déguster. Normalement, suite à la parution des notes, les châteaux mettent sur le marché leurs vins, en primeur, à un prix tenant compte de ces différentes notes et de la demande. Les prix sont souvent communiqués dans les deux mois qui suivent la semaine de dégustation.

Chaque année, tous retiennent leur souffle avant de savoir quel château sera le premier à dévoiler son prix. Pour le millésime 2016, c’est le Château Guiraud qui a dévoilé en premier son prix. Une belle manière de mettre sur le devant de la scène les vins liquoreux, de plus en plus boudés par les amateurs de vin. En 2013, c'était le Château Pontet Canet qui avait créé la surprise en dévoilant son prix avant même le verdict des dégustateurs.

Maintenant que toutes ces personnes ont joué leurs rôles, c'est au tour du courtier de rentrer en jeu. Sa mission est primordiale dans la fixation du prix de vente en primeur. Il est l'intermédiaire indispensable entre propriétaires et négociants en menant la négociation entre les parties et en assurant la transaction. La commission par transaction et le rôle du courtier sont un héritage historique de la Place de Bordeaux alors que rien n'impose de passer par cet intermédiaire.

Le vin est généralement livré dans les 18 à 24 mois suivant les ventes en primeur. C'est à ce moment-là que les négociants ayant obtenu des allocations se chargent de vendre les vins aux différents distributeurs : cavistes, sites de e-commerce, etc.

Comment s'annonce le millésime 2016 ?


Le millésime 2016 a connu un printemps désastreux et pluvieux, mais les conditions climatiques qui ont suivi ont été salutaires. L'été a été très sec dans la région de Bordeaux. Quelques gouttes de pluie en septembre ont précédé le retour d'un temps magnifique jusqu'en octobre permettant une véritable liberté pour les vendanges.

Pour le critique Jean-Marc Quarin, le millésime 2016 « tient du génie, de l’inhabituel et de l’inexplicable. Une fabuleuse et très rare combinaison à l’équilibre parfait entre une fantastique qualité des tanins, des degrés d’alcool modérés et des acidités soutenues, mais imperceptibles. Les vins rouges sont denses, très parfumés, riches, pleins, avec un toucher de bouche moelleux, velouté et une grande profondeur de saveurs. Le tout si savoureux, si éclatant de fruit, si raffiné dans le grain du tannin, avec une note Plaisir si forte que 2016 va faire passer les 2010 que j’adore pour des vins rustiques ! »

Il semblerait que cette année soit la bonne pour investir dans les primeurs !

Jean-Nicolas Mouretin

À lire aussi :

Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !
lire la suite ...

mercredi 3 mai 2017

Le blog vin Beaux-Vins : 2 ans déjà !

Il y a deux ans, naissait le blog Beaux-Vins consacré au monde du vin. Au début j'étais étudiant, ensuite je profitais de beaucoup de temps libre et désormais je suis devenu caviste grâce à lui.


L'évolution


Mes premiers pas sur Beaux-Vins étaient compliqués : je n'avais pas vraiment l'habitude d'écrire autant, je découvrais le monde du vin et je n'y connaissais encore rien au blog.

Mon tout premier article fut celui qui expliquait mes motivations : « Un blog sur le vin, mais pourquoi ? ». Ecrit le 25 Avril 2015, les articles se sont ensuite enchaînés entre actualités, découvertes du vin et autres événements.

Avec tout ces changements dans ma vie, le blog a évolué aussi. Les articles moins réguliers - oui, parce qu'un article par jour en travaillant est dure à tenir - sont désormais plus pointus, plus précis et pourtant toujours aussi accessibles !

Pourtant, le blog Beaux-Vins a gardé cette ligne de conduite : un espace pour tous les amoureux du vin. Que ce soit pour les grandes occasions ou les petites, les vins sont toujours beaux ! Que ce soit pour s'initier à l’œnologie, aux régions viticoles ou suivre l'actualité, J'essaie de répondre à toutes vos envies.

Des résultats qui me dépassent


Bien que mes statistiques ne rivalisent pas avec d'autres blogueurs du monde du vin, ils sont pour moi déjà énormes et ça c'est grâce à vous !



Après deux ans, et un démarrage hésitant, le blog vin Beaux-Vins c'est désormais :
216'000 pages vues
1'000 fans sur la fan page Beaux-Vins
670 followers sur le Twitter Beaux-Vins
170 amis sur Instagram

Si vous ne l'avez pas encore lu, l'article « Pourquoi la bouteille de vin a-t-elle un « cul » bombé ? » est l'un des plus anciens et a été consulté près de 14'000 fois !

Bien entendu, il n'y a pas que les chiffres qui comptent. Il y a eu aussi le passage sur une radio grâce à vous sur l'article consacré aux  « vins californiens dopés au glyphosate cancérigène ».

Le blog vin Beaux-Vins


Sauf que voilà, tout ça ne serait rien sans vous. Je tiens donc à vous dire un GRAND MERCI ! Une petite nouveauté inédite dans le monde des blogs du vin va paraître très prochainement sur Beaux-Vins...

Jean-Nicolas Mouretin
lire la suite ...

vendredi 24 mars 2017

À quelle température servir le vin ?

Beaux-vins A quelle température servir le vin ?


S'il y a bien une question que l'on me pose souvent dans mon métier de caviste, c'est bien celle de la température à laquelle servir le vin pour en apprécier toutes les subtilités. Acheter de beaux vins est une chose, les servir à la bonne température en est une autre.



La température de service est un élément d'équilibre du vin trop souvent négligé. Régulièrement, j'ai constaté que les vins blancs étaient servis trop froids et les vins rouges trop chambrés. Bien entendu, à chacun ses plaisirs et préférences de service et le meilleur avis est votre plaisir personnel.

« Aucun vin rouge digne d'intérêt ne s'apprécie servi frais, en dessous de 14 °C ! » Blogueur X

Certains blogueurs — souvent sommeliers — vous proposent des températures de service comme si cela était une vérité absolue. Ils martèleront qu'un vin rouge ne se sert jamais en dessous de 14 °C. Pourtant, un Beaujolais Nouveau rouge s'apprécie à une température inférieure — d'après le très sérieux site www.beaujolais.com —. Donc d'après la citation ci-dessus, soit le site officiel des vins du Beaujolais dit des âneries, soit le Beaujolais Nouveau n'est pas digne d'intérêt...

Vous dire à quelle température exacte vous devez boire votre vin, revient à vous dire que vous devez manger votre steak saignant parce qu'il aura plus de goût, mais qu'en est-il si vous l'aimez dure comme une semelle ? Qui suis-je pour juger de vos préférences ? Personne ! Nous parlerons donc ici de « températures communément acceptées ».

Les températures, que je vous donne plus bas, ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Je sais à quel point il est difficile d'obtenir et maintenir une température précise et il existe toujours des exceptions. De plus, je ne fais pas partie de ces blogueurs qui pensent avoir toujours raison sur tout.

Quelles sont les conséquences d'un vin servi à la mauvaise température ?


Le meilleur moyen de gâcher tout le plaisir de la dégustation d'un beau vin est de le servir à la mauvaise température.

Les tanins que contient le vin rouge vont prendre un goût véritablement amer lorsque le vin est servi trop frais, comme lorsque l'on boit un thé fort froid. Servi trop chaud, l'alcool va ressortir et le vin rouge va paraître plus alcooleux qu'il ne devrait.

Un vin blanc servi trop frais, comme le font souvent les restaurants, va sembler bien moins aromatique. Trop chaud, soit l'acidité du vin blanc va ressortir, soit il vous laissera une étrange impression de lourdeur.

Cependant, il vaut toujours mieux servir un vin trop frais que trop chaud. Pourquoi ? Parce que le vin servi trop frais va rapidement se réchauffer au cours de la dégustation, alors qu'un vin trop chaud restera trop chaud.

Quelles sont les températures de service du vin communément acceptées ?


Tout ceci étant dit, il est désormais temps de se pencher sur les températures de service du vin.


La température de service d'un vin blanc


À quelle température servir le vin blanc blog beaux-vins


Le vin blanc présente une acidité supérieure à celle du vin rouge. Le froid souligne l'acidité d'un vin, raison pour laquelle un vin blanc est servi plus frais qu'un vin rouge.

  • Vin blanc sec jeune et dominé par la fraîcheur : c'est particulièrement le cas du Sauvignon, de l'Aligoté ou encore du Muscadet. Ces vins s'apprécient aisément entre 8° et 10°C
  • Vin blanc gras, boisé ou de garde : ces vins blancs, plus opulents que les précédents, tolèrent un température de service plus élevé. L'idéal est de les proposer entre 10° et 12°C
  • Vins blancs moelleux et liquoreux : un vin blanc de ce type va rapidement paraître lourd en bouche lorsqu'il est dégusté trop chaud. Il est recommandé de les servir entre 10° et 12°C, voire moins

La température de service d'un vin rouge


À quelle température servir le vin rouge blog beaux-vins


Ce qui distingue véritablement un vin rouge d'un vin blanc, en dehors de sa couleur, c'est la présence de tanins. Cette présence, ainsi qu'une acidité plus faible implique une température de service adéquate. On ne cherchera pas forcément à souligner l’acidité du vin.

  • Vin rouge fruité et très léger : c'est le cas du Beaujolais Nouveau dont je parlais plus haut. Très peu tanniques et avec une belle acidité, ces vins s'apprécient facilement proche de 12°C.
  • Vin rouge fruité et souple : on peut mettre dans cette catégorie les vins de cépage Gamay ou les Pinots Noirs jeunes. Vous devriez servir ces vins autour de 14°C
  • Vin rouge charnus et chaleureux : ceux-là ayant plus de caractère supportent une température plus élevée. C'est le cas des vins du Rhône que l'on sert de 14° à 16°C
  • Un grand vin de Bourgogne entre 15° et 16°C
  • Un grand vin rouge de Bordeaux s'apprécie chambré, c'est à dire à 17°, 18°C

Chambré n'est pas joué !


Le terme « chambré » date d'une époque ou le chauffage central n'existait pas encore et signifiait de l'amener à température de la pièce, soit 18 °C. Désormais, la température d'un appartement moderne oscillant autour des 19° à 25 °C, il n'est pas question d'amener votre vin à cette température.

La température de service du rosé


Le rosé résulte de la courte macération du jus avec les peaux du raisin. Bien qu'il y ait transfert d'un peu de couleur et d'arômes, les vins rosés sont pour la plupart non tanniques.

Comme un vin blanc, le rosé devra être servi entre 10 et 12°C, voire entre 8 et 10°C si vous voulez profiter de son côté désaltérant.

La température de service d'un effervescent : Champagne et Crémant




Pour bien comprendre la façon dont la température influe la qualité de votre champagne, il nous suffit de prendre comme exemple votre soda favori. Tiède, les bulles sont plus agressives. Froid, le gaz contenu dans la boisson est mieux dissout et les bulles paraissent plus fines. Le résultat est exactement le même avec le champagne ou le crémant.

Les cuvées classiques, c'est à dire un Champagne sans année, un mousseux ou un crémant classique se boivent entre 7° et 9°C afin de jouer pleinement leur rôle rafraîchissant.

Les champagnes millésimés, champagnes sans années de caractère ou crémant supérieur présentent une complexité aromatique plus importante. Ils doivent être servi à une température légèrement supérieur, entre 10° et 12°C.

À la recherche d'une conclusion


À quelle température servir le vin utopie blog beaux-vins


Bien que les températures que je vous ai données ont l'air très précises, je ne jouerai pas le jeu du dogme auquel certains s'adonnent avec panache. Je considère les températures de service plus comme un idéal à atteindre ; une utopie que les amoureux du vin recherchent, sans jamais y parvenir vraiment. Il ne faut pas oublier que la température du vin dans le verre peut monter de 2 °C en quelques minutes.

Jean-Nicolas Mouretin

À lire aussi :


Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !
lire la suite ...

samedi 25 février 2017

Saint-Emilion : le château Figeac pourrait perdre son nom après avoir attaqué un voisin

Coup de tonnerre dans le Saint-Emilion : le premier grand cru classé a été condamné à perdre 2 de ses marques prestigieuses !

chateau figeac contre cormeil figeac blog vin Beaux-Vins procès


Le Tribunal de grande instance de Bordeaux a prononcé, fin novembre, la perte des droits du château de Figeac sur les marques « Château Figeac » et « Château de Figeac » ainsi que leur radiation sous 3 mois au registre national des marques. Cette décision peut surprendre, car le domaine gagne depuis plusieurs années sa lutte judiciaire contre les propriétés viticoles utilisant le nom « Figeac ».

Domaines proches de quelques mètres


Dans ce dossier, le Château de Figeac s'attaquait à un voisin proche de seulement 500 mètres : Richard Moreaud. Ce dernier est le propriétaire des marques « château Cormeil-Figeac » et « château Magnan-Figeac ». Pour lui, cette volonté d'interdire l'utilisation de la dénomination « Figeac » est « est une histoire idiote ».
Sans préavis, le domaine a reçu une assignation en 2012. « On cohabite depuis un siècle puis tout à coup, ils se sont mis à nous attaquer. Pourquoi ? On ne leur fait pas de concurrence parce qu’on n’a pas du tout le même positionnement, ils sont premier grand cru classé, nous on est grand cru. Les prix sont totalement différents, les étiquettes sont totalement différentes », a expliqué M. Moreaud.

« Figeac veut avoir le monopole du nom et ne veut pas qu’il y ait des crus qui puissent utiliser leur nom malgré les droits historiques que l’on a », s’est-il défendu, précisant qu’il a « des actes notariés qui font référence du XVIIe et XVIIIe siècle ».

La seule discussion eut lieu le 27 septembre dernier lors de l'audience. Résultat de cette bataille : les deux parties ont été condamnées par le tribunal.

Concernant le Château Cormeil-figeac, détenu par la famille Moreaud, le tribunal n'a pu établir que « les parcelles de vigne dont ils sont propriétaires proviennent du domaine originel de Figeac, démembré au XIXe siècle. » 

Du côté de l'agressif Château Figeac, il n'a pas été capable d'apporter la preuve que les vins commercialisés sous les noms de « Château Figeac » et « Château de Figeac » étaient vinifiés dans des conditions excluant tout mélange avec les autres vins du domaine, notamment « Petit-Figeac » et « La Grange Neuve de Figeac », perdant ainsi leurs deux marques les plus connues.

Silence radio à Figeac


Bien entendu, chacune des parties a fait appel de la décision judiciaire. Malgré ce match nul, Richard Moreaud y voit une belle victoire : « C’est la première fois que Figeac a été contré dans un de ces procès. Nous ne sommes pas dépités, nous sommes plutôt fiers. Mais ce qu’on voudrait surtout, c’est en finir avec cette histoire à la con. Nous, nous sommes un tout petit cru avec des prix assez bas. On ne leur fait pas ombrage… »

Le château Figeac se montre bien moins loquace que son adversaire. Le domaine confirme l’appel de la décision judiciaire, mais ne souhaite pas « la commenter, l’affaire étant en cours d’instruction. » Dans les mois qui viennent, un nouveau procès devrait donc avoir lieu devant la Cour d'appel. Les domaines portant le mot « Figeac » sauront s’ils peuvent garder leur nom. Une décision qui va donc être suivie de très près !

« Protéger la marque de nos vins »


Le château Figeac a toutefois expliqué : « Nous engageons des actions afin de protéger la marque de nos vins. C’est comme dans toute entreprise. Du point de vue commercial, il est essentiel de protéger sa marque. »

Poussé par ce principe, château Figeac est passé à l'offensive, engageant des procédures judiciaires contre ses voisins depuis plus de 10 ans. En novembre 2012, plusieurs domaines ont perdu la guerre judiciaire menée par Figeac. Le domaine Rocher-Bellevue-Figeac et ses marques La Croix-Figeac et Pavillon La Croix-Figeac se sont déjà vu interdire l’utilisation du terme « Figeac ».

« Ici, il y a des Figeac partout, livre Richard Moreaud, propriétaire du château Cormeil-Figeac. On peut en compter une trentaine ! Mais « Figeac » ne souhaite pas partager et veut l’exclusivité du nom. Pour autant, nous n’avons pas de visée vengeresse. On veut simplement plaider notre cause, qui nous paraît juste. Nous ne sommes vraiment pas procéduriers. »

Jean-Nicolas Mouretin


À lire aussi :


Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !

lire la suite ...

lundi 13 février 2017

Acheter du vin n'a jamais été aussi simple qu'avec Twil

Je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte en suivant mes différents articles, mais j’aime parler d’innovation dans le monde du vin. On dit souvent que c’est un milieu immobile et poussiéreux. Alors quand il s’agit d’une application mettant en lien directement viticulteur et winelovers, je ne peux que vous la recommander !

L’application du jour : TWIL


© Twil

The Wine I Love, alias TWIL pour les plus intimes, est une application mettant en relation les consommateurs avec les viticulteurs pour réduire au maximum les intermédiaires. C’est un fait bien connu, plus il y a d’intermédiaires entre producteur et consommateur et plus le prix est susceptible de grimper ou tout du moins la rémunération du producteur risque de chuter. Tandis qu’une majorité d’amoureux du vin sont sensibles à cette problématique, encore 80 % des bouteilles de vin se vendent en grande surface. Une bouteille de vin à 10 € vendue en grande surface va permettre au producteur d’en gagner seulement 3€90, alors qu’avec TWIL le viticulteur sera rémunéré à 5€80. 

Comment fonctionne TWIL ?


À l’instar d’autres « shazam du vin », TWIL permet de retrouver des informations et commentaires de dégustation d’autres twilers simplement en la prenant en photo avec la caméra de son smartphone. Vous allez me dire « t’es vraiment en train de nous parler d’une énième application de reconnaissance de vin ? », mais c’est là que TWIL se différencie vraiment. En effet, grâce à la photo du petit vin que vous avez adoré la veille, vous pourrez le commander directement chez le producteur. C’est plutôt pas mal, non ?

© Twil

Une vitrine pour les viticulteurs


Erwann de Barry, le fondateur de cette startup, s’est rendu compte que plus de la moitié des viticulteurs n’avaient pas de sites web – pourtant véritable levier pour parler du domaine et de ces vins —. Il a donc développé cette plateforme, désormais l’une des plus grandes vinothèques en ligne avec 300’000 vins, dont 15’000, déjà disponibles à la vente.

Grâce à cette volonté de supprimer le maximum d’intermédiaire possible, TWIL permet aux vignerons d’augmenter leur marge de plus de 30 % sans toucher au prix de vente ! Bien qu’essentiel, créer un site pour un domaine est un véritable investissement, surtout s’il est destiné à vendre en ligne. En plus de la création du site, il faut mettre en place une véritable logistique : gestion des stocks et des emballages, paiement en ligne, préparation des commandes, envoi des colis…

Grâce à TWIL, le vigneron élimine nombre de ces freins. Il ne lui reste qu’à préparer les commandes lorsqu’il reçoit une alerte au domaine. Déjà 1’500 vignerons font confiance à TWIL pour promouvoir leurs vins !

© Twil

TWIL, une app’ qui vous veut du bien


TWIL est une véritable mine d’informations et de petites pépites à découvrir que ce soit en France ou à l'étranger.

Un coup de cœur ? Vous pouvez retrouver un vin déjà dégusté en prenant simplement en photo l’étiquette de la bouteille de vin. En quelques secondes l’application a déjà reconnu votre précieux flacon et vous accédez à une fiche détaillée vous donnant plein d’informations utiles sur votre vin.

Si le vin n’est malheureusement pas encore proposé à la vente sur TWIL, pas de soucis ! L’application vous propose des recommandations similaires pour être sûre de faire mouche à votre prochain dîner.

À la recherche d’un coup de cœur ? Il peut aussi arriver de vouloir tout simplement trouver son coup de cœur et avec TWIL, il est au bout de vos doigts. En accédant directement au catalogue, vous pourrez chercher votre prochaine pépite en fonction de sa couleur, de son pays, sa région… En plus de proposer des bonnes affaires et de coups de cœur, TWIL met aussi en avant les vins biologiques et biodynamiques.

Une fois la bouteille de vos rêves trouvée, vous êtes mis directement en relation avec le producteur en quelques clics pour la commander au prix propriété. Vous pourrez ensuite les recevoir directement chez vous ou gratuitement en point relais !

Alors, faites comme moi et filez télécharger l’application !



Jean-Nicolas Mouretin




Site web : www.twil.fr
App Iphone : Twil
App GooglePlay : Twil

À lire aussi :

Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !

lire la suite ...

lundi 6 février 2017

La dégustation d'un vin peut-elle être affectée par le calendrier lunaire biodynamique ?

La position de la Lune peut-elle influencer le goût du vin que vous vous apprêtez à boire ? La question peut surprendre, mais les adeptes du calendrier lunaire en sont persuadés : un verre de vin n'aura pas le même goût s'il est dégusté un jour « fruit » ou un jour « racine ».

Jusqu'à présent, aucune étude sérieuse n'avait été menée. Rappelez-vous, je vous en parlais dans l'article « Qu'est-ce qu'une dégustation biodynamique de vin ? ».



Le calendrier biodynamique dans la dégustation


Pour simplifier à l'extrême, le calendrier biodynamique prend en compte l’influence des rythmes cosmiques. Ce système est utilisé par la culture biodynamique. Il permet de savoir à quel moment certains gestes agricoles doivent être faits, selon la position de la lune en axe avec certaines constellations. Les semis, la taille ou même la récolte doivent être faits en fonction du type de jour.

Des dégustateurs de vins en sont venus à appliquer ce calendrier dans leurs dégustations disant que les vins sont meilleurs pendant les jours fruits.

Les plus connus : Marks and Spencer et Tesco


Cette position relative de la Lune est supposée avoir une influence sur les travaux en cave comme à la vigne, mais aussi sur le goût du vin. Cette influence de la Lune sur le goût des vins et des autres aliments, certains grands magasins la prennent très au sérieux et n’organisent leurs dégustations de vin que pendant les jours « fruits » pour être sûres que le vin soit au meilleur de sa forme. Le journal The Guardian révèle que Tesco utilise le calendrier lunaire depuis plus de deux ans, mais ne l'a dévoilé que récemment craignant le mysticisme du vin — ou peut-être simplement d'être pris pour des fous —. C'est aussi le cas de Marks and Spencer qui utilise le calendrier lunaire pour organiser ses dégustations de vins.

Une app' pour la dégustation biodynamique de vin


Ce qui plonge le plus de doute sur la dégustation biodynamique de vin réside dans l'existence de plusieurs calendriers qui ne concordent pas forcément... Cependant, vous pouvez tout de même vous amuser à faire le test de la dégustation biodynamique de vin grâce à une application gratuite pour Iphone : When wine taste Best.


Une étude scientifique publiée le 3 janvier


Comme je vous en faisais part auparavant, aucune étude ne tendait à confirmer ou infirmer l'influence du calendrier lunaire sur la dégustation du vin. On pouvait donc lire tout et n'importe quoi sur le sujet. Le 3 Janvier 2017, une étude scientifique tentant de répondre à notre question initiale est parue sous le titre : « Expectation or Sensorial Reality? An Empirical Investigation of the Biodynamic Calendar for Wine Drinkers ». Cette étude a été menée par Wendy Parr de la Lincoln University, en Nouvelle-Zélande et Dominique Valentin du Centre des sciences du goût au CNRS de Dijon.



Ils se sont intéressés à ce sujet brûlant en faisant déguster douze pinots noirs de différentes régions viticoles à 19 professionnels du vin néo-zélandais. Ces derniers avaient en moyenne 18 ans d'expérience dans le milieu du vin et un certain nombre d'œnologues travaillent de manière organique et biodynamique. Tous les vins ont été dégustés deux fois en jour fruit et deux fois en jour racine. On leur a demandé de juger les vins selon 20 critères sans connaître l'objectif de cette étude et sans se douter que la dégustation se déroulait pendant des jours spécifiques.

Les douze vins de millésimes 2012 et 2013 sous capsules à vis ont été systématiquement servis dans le même ordre. Pour la dégustation, les dégustations se retrouvaient à déguster des vins conventionnels et non conventionnels. Les vins ont été achetés directement chez les producteurs, tous conservés à 14 °C degrés et montés progressivement à la température ambiante de 22 °C pour la dégustation.

Résultat unanime à la dégustation


Le résultat de la dégustation est sans appel : le test a démontré que les vins n'étaient pas meilleurs ou moins bons selon les jours du Calendrier lunaire de Thun. Les auteurs ont aussi surveillé d'autres facteurs comme la pression atmosphérique, l'humidité, l'ensoleillement, la vitesse du vent et la pluie. Aucun de ces éléments n'a eu d'impact sur la qualité exprimée des vins.

Les vins eux-mêmes ont été analysés chimiquement afin de déterminer les différences possibles dans les niveaux de CO2, de glucose, de fructose, d'acide tartrique, etc. Bien que l'équipe ait noté « des différences dans certaines mesures », mais qu'il n'y avait pas de « différences systématiques en fonction du type de jour ».

Selon l'équipe ayant travaillé sur cette étude « Il est possible que les rapports parus dans les différents médias de l'industrie viticole sur les effets sensoriels — NDLR dû au calendrier biodynamique — soient dus aux attentes plutôt qu'aux différences réelles dans les vins. »



Jean-Nicolas Mouretin


L'étude en question : « Expectation or Sensorial Reality? An Empirical Investigation of the Biodynamic Calendar for Wine Drinkers »


À lire aussi :

Cet article vous a plu ? Vous le trouvez utile ? Rejoignez la communauté Facebook de ce blog vin pour rester informé de la sortie des prochains articles !

lire la suite ...