lundi 29 janvier 2018

Vin « T’as vu ma belle médaille ? »

Il était une fois, une personne errant comme un zombie dans The Walking Dead dans le rayon « vins » d’une grande surface. Cette personne, c’est vous… Vous avez été invité par des amis et vous n’avez aucune idée du vin que vous devez prendre. Soudain, votre œil est ébloui par une lumière vive. Par réflexe, vous vous frottez les yeux comme pour vous assurer que vous n’êtes pas en train de rêver. Cette lueur dans la nuit des bouteilles, juste là devant vous, n’est pas une hallucination… C’est une médaille dorée. Comme un phare au milieu de la brume, ce macaron vous fait dire « Si ce vin a reçu une médaille, il est forcément bon ! »

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Tout content de votre pépite vineuse, vous vous empressez de vous rendre chez vos amis. Soudain, une question vous frappe l’esprit « Ai-je fait le bon choix en prenant un vin médaillé ? ». Cette question a le mérite d’être posée ! Voici quelques explications et expériences notables pour vous faire votre idée.

Les concours, un business juteux


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Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, il est important de rappeler que les concours de vins sont loin d’être des entreprises philanthropiques. La plupart des concours ont un modèle plutôt simple. Le vigneron inscrit une ou plusieurs de ses cuvées. Il doit alors s’acquitter d’un droit d’entrée, souvent par cuvée, ainsi que de l’envoi d’échantillons. Sans oublier que si le vin obtient son sésame, le vigneron devra payer pour obtenir un lot d’étiquettes.

– Jean-Michel Rageux calme toi ! Je sais que tu connais une association sérieuse à Vierzon-le-Bourbeux où le concours est gratuit – .

Pour écrire cet article, j’ai eu l’occasion de discuter avec une sommelière que nous nommerons Agathe. Agathe rêvait de participer en tant que dégustatrice à ce genre de concours. Elle était enjouée, car elle trouva un concours réservé aux femmes travaillant dans le monde du vin (organisé toutefois par un homme).

– En écrivant ça, l’idée me vient de créer un concours hoministe pour voir combien de temps mettra une association féministe pour me tomber dessus avec un procès… – .

À son retour Agathe était déçue… Pourquoi me demanderez-vous? Elle avait appris que pour participer au concours, le vigneron devait s’acquitter d’un droit d’entrée de 112,50 € par vin proposé. Puis, si le vin était récompensé, il devait payer 75 € (prix dégressif en fonction de la quantité) et les frais de port pour apposer ses médailles. Sachant que cet évènement rassemble 4'550 vins, cette opération permet de se faire un peu d’argent.

Ce business est tellement juteux que le nombre de concours a explosé. Alors qu’en 2013, la DGCCRF ne certifiait que six événements, ils sont plus de 130 en 2016. Bernard Delaye, le président du concours de Mâcon évoquant même le chiffre faramineux de 200 concours !

De la difficulté de perdre à un concours de vin


Les concours français et le concours mondial de Bruxelles suivent les normes de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). « La somme de toutes les récompenses, attribuées aux échantillons ayant obtenu les meilleurs résultats, ne doit pas dépasser 30 % du total des échantillons présentés au concours. » Compter une chance sur deux d’obtenir une médaille au concours anglo-saxon International Wine Challenge, entre 67 et 71 % pour le concours Decanter et près de deux chances sur trois pour The Drink Business.

Autant mettre des mots simples sur un long discours : même avec la meilleure volonté du monde, il est plus difficile de ne pas obtenir de médaille que l’inverse. Ces concours ressemblent plus au cross organisé par votre village natal qu’aux Jeux olympiques…

Il faut aussi bien comprendre que le système est un peu biaisé, car fonctionnant par quotas : un nombre de médailles sont à décerner, quel que soit le nombre de participants. Le concours de Gilbert et Gaillard, par exemple, récompense 25 – 30 % des échantillons. Résultat, ce n’est pas forcément parce que le vin est bon qu’il a une médaille, mais plutôt parce qu’il était moins mauvais que les autres…

Dites « bonjour Standardisation »


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Les vins primés lors de concours sont souvent des vins provenant de grandes structures produisant de grandes quantités de vins : négoces et caves coopératives en tête. Ce sont des vins dédiés à la grande distribution, là où le consommateur n’a pas de conseils et où il est important d’attirer le regard du consommateur. On retrouve rarement un grand cru ou un petit vin avec de la personnalité ayant une médaille collée sur la bouteille. De plus, on peut constater que les vins médaillés coûtent en moyenne entre 3 et 15 € (la tranche parfaite pour le consommateur).

Les médailles décernées par des dégustateurs de renoms ne sont pas en restes ; l’effet Parker en est le meilleur exemple. En voulant faciliter l’accès des vins bordelais aux Américains, Robert Parker a créé un empire autour de ses notes sur 100 points. À tel point que bon nombre de vignerons ont changé radicalement le style de leur vin pour qu’il colle aux goûts de Robert Parker.

Le mensonge de la dégustation aux concours


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Pour perdurer, un concours se doit d’avoir une bonne image auprès… des vignerons. C’est eux qui payent pour obtenir une médaille. Donc le concours se doit de récompenser les participants pour qu’ils reviennent.

Une autre personne contactée dans le cadre de cet article, que l’on nommera Franck, a lui aussi participé à un concours prestigieux. Fils de vigneron, il était aisé pour Franck d’y participer. Bien que les vins soient dégustés à l’aveugle, il eut une conversation avec un membre du jury quelques minutes avant la dégustation. Il lui annonça qu’il serait bon de bien noter les vins Nº 4 et Nº 7… C’est le principe du bon deal entre amis. Cette année, on récompense les vins d’un vigneron puis l’année suivante d’un autre et tout le monde est gagnant à la fin… sauf le consommateur.

Durant mes recherches, j’ai aussi constaté que des voix s’élevaient contre de possibles fraudes. C’est le cas par exemple d’un vigneron ayant envoyé des échantillons pour un concours pour lequel il avait reçu des médailles… avant de découvrir plus tard par la poste que ses échantillons n’étaient jamais arrivé à destination.

En 2016, le château de Corbiac a fait annuler les résultats du palmarès 2014. « Le résultat du 123 ème Concours Général Agricole des vins de Pécharmant, publié le 22 février 2014, a été pris à la suite d’une procédure irrégulière et doit être annulé » tranche le Tribunal Administratif de Bordeaux, dans un arrêt rendu ce 30 novembre. Les plaignants mettent en cause l’impartialité du jury ayant réalisé la présélection régionale de l’appellation Pécharmant en 2014. Etape qui a recalé les deux échantillons du Château de Corbiac inscrits fin 2013, qui n’ont donc pu concourir à la finale parisienne. Le domaine dénonçait les irrégularités dans la constitution des six membres du jury des Pécharmant. En effet, parmi les membres du jury se trouvaient deux vignerons et un œnologue-conseil de l’appellation.

Le bronze c’est pour les perdants


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Avec le temps, les concours se sont rendu compte que la médaille de bronze était plus dévalorisante qu’autre chose. Les consommateurs préfèrent l’or, l’argent ou pas de médaille plutôt que le bronze. Certains concours ont tout simplement supprimé la médaille de bronze. Pour ne pas réduire le nombre de médailles décernées, il a fallu trouver une parade. Ils ont donc inventé une catégorie plus élevée que l’or. Une sorte de « super » catégorie qui prend selon les concours différentes dénominations : grande médaille d’or ou prix d’excellence. Ainsi, par un habillement glissement de catégorie, on garde trois niveaux de hiérarchie dont le dernier niveau reste valorisant pour le consommateur.

Un vin médaillé est-il meilleur ?


Certains vignerons ont bien compris l’intérêt de ces petits macarons : ils font vendre 20 à 25 % de plus. Et surtout dans la grande distribution où l’offre est pléthorique et où le consommateur est souvent un peu perdu. D’ailleurs, vous pouvez le tester vous-même : allez choisir votre vin chez des cavistes, vous vous apercevrez rapidement que peu de vins médaillés sont proposés.

Pour vérifier si un vin médaillé est meilleur qu'un vin non médaillé durant le concours général agricole, « 60 millions de consommateurs » a fait déguster à l'aveugle par un jury d'experts : 16 rieslings et 14 Saumur-Champigny médaillés lors de l’édition 2015 avec des non médaillés de même millésime (2014). Les résultats sont mitigés : les vins médaillés dans les deux catégories n’ont pas été jugés meilleurs que les vins non estampillés. Mieux encore, 2 rieslings médaille d’or se retrouvent même aux dernières places.


Jean-Nicolas Mouretin

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mercredi 15 novembre 2017

Les Beaujolais Nouveaux 2017 arrivent !

Comme chaque année, le Beaujolais Nouveau — je préfère l'appeler Beaujolais Primeur — fait son grand retour le 3e jeudi du mois de novembre. C'est donc le 16 novembre 2017 que vous pourrez déguster la nouvelle cuvée. L'occasion pour moi de redorer l'image — trop souvent ternie — de cette belle région viticole que je vous présentais dans l'article: dans l'article : « Tout savoir sur le Beaujolais ».


Avant le Beaujolais Nouveau, le Paradis


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Vin Bourru (blanc)

Il est connu — à tort —, que le Beaujolais Nouveau est le premier évènement pour déguster l'arrivée du nouveau millésime, mais c'est sans compter qu'il existe d'autres vins nouveaux vendus plus tôt et qu'il existe un vin nommé Paradis.

Comme chaque année, les villes du Beaujolais sont en fête dès le début du mois de septembre avec des dégustations et ventes de Paradis. Ce vin bourru se distingue du primeur du fait qu'il est encore un moût en fermentation. Le vin est trouble du fait des levures encore présentes en suspension et le sucre n'a pas encore été totalement transformé en alcool. 

Dans le passé, les vignerons et les consommateurs se retrouvaient pour évaluer le futur millésime en goûtant le vin avant la fin de la fermentation. Ce vin était traditionnellement bu au chai ou le soir avec une poêlée de châtaignes. Le choix de ce plat n'était pas laissé aux hasards puisque le bourru blanc prend un goût de levure qui est proche de la châtaigne bouillie. Le Paradis étant un vin rouge en fermentation est à mi-chemin entre le vin bourru et le vin rouge. C'était de l’œnotourisme avant l'heure.

Les Sarmentelles de Beaujeu


Je ne pouvais pas vous parler de la fête du Beaujolais Primeur sans aborder les Sarmentelles. C'est l'une des grandes fêtes du beaujolais nouveau, qui a lieu durant 5 jours avant et après la traditionnelle mise en perce du beaujolais nouveau de l'année. Les Sarmentelles de Beaujeu comprennent également dans leur programme un concours de dégustation primé au cours duquel les participants doivent reconnaître les millésimes des 12 appellations du Beaujolais. Artisans et producteurs fermiers proposent une exposition de leurs objets d'artisanat et des dégustations de produits du terroir, tandis que les Compagnons du Beaujolais procèdent à de nouvelles intronisations. Les Sarmentelles de Beaujeu se tiendront du 15 au 19 novembre.

Site web le l'évènement : Les Sarmentelles de Beaujeu

Où déguster le Beaujolais Nouveau à Paris ?


Un peu de teasing, ça vous tente ? 

Les adresses ne manquent pas, mais j'ai pensé à vous et voici la carte des bars de la capitale qui proposent de découvrir le Beaujolais Nouveau. On dit merci qui ?


Les impressions de la presse pour le millésime 2017


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vendredi 8 septembre 2017

Millésime 2017 : l'année de tous les enjeux pour le vin en France

Durant une dégustation des primeurs bordelais, j'avais osé demander à un vigneron pourquoi les prix du millésime 2016 étaient si élevés. Il commença, bien entendu, par me dire que les prix étaient ajustés à la qualité vin : « Un bon millésime est forcément plus onéreux ». Puis, il m'avoua à demi-mot qu'ils craignaient le pire sur le millésime 2017. Que craignait-il vraiment ?

Millésime 2017 bouchon vin France


Une production de vin en baisse


Pour le ministère de l'Agriculture, la récolte 2017 sera « historiquement basse ». Une bien mauvaise nouvelle quand on sait que le secteur viticole est un des principaux moteurs de l'économie Française.

Pour le moment, nous ne pouvons pas encore juger la qualité du millésime 2017, mais une chose est certaine : la quantité ne sera pas au rendez-vous. Agreste, le bureau des statistiques du ministère de l'Agriculture a annoncé dans sa dernière parution que la récolte du raisin pourrait être « historiquement basse » cette année.  Cette baisse significative est imputable à une météo peu clémente. Le gel du printemps n'a pas épargné beaucoup de régions viticoles françaises. Il a laissé sa place à une sécheresse importante sur une grande partie de l'Hexagone.

Résultat, Agreste estime que la récolte de cette année s’élèvera difficilement à « à 37,2 millions d’hectolitres », soit une baisse de 18 % de la récolte par rapport à 2016 et une baisse de 17 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ces chiffres sont des estimations ayant déjà été revues à la baisse en juillet et les premières vendanges semblent encore plus basses que prévu. Pour Jérôme Despey, viticulteur et président du conseil spécialisé vin FranceAgriMer, 2017 risque d'être « la récolte la plus petite depuis 1945 ».

Une réduction du volume récolté pourrait avoir des conséquences financières importantes sur la filière viticole, secteur crucial pour l’économie française.




Cette année, les vendanges ont démarré extrêmement tôt. Dans certaines régions comme à Frontignan, les vendanges ont commencé aux environs du 2 août ; à Rivesaltes, c'était même en juillet. Du jamais vu en France, car c'était le seul moyen pour garder un peu d'acidité dans les vins.

Le gel frappe de manière aveugle. Bordeaux fut la région la plus touchée, avec la Loire, le Chablisien enregistre une perte entre 15 et 30 %, le Sud-Est et l'Alsace sont aussi touchés. Le Midi quant à lui a connu une sécheresse difficile et le Languedoc-Roussillon une vendange extrêmement faible.

Les grands pays producteurs (Italie, Espagne et Allemagne) ont également souffert du gel et de la sécheresse. Selon FranceAgriMer, la vendange s'élèverait à 148 millions d'hectolitres pour l'Union européenne, soit une baisse de 12 % sur la moyenne quinquennale.


Une consommation en berne


Si les produits viticoles français se vendent très bien à l’étranger, ils restent surtout très populaires à l’intérieur des frontières, puisque 60 % des vins et des spiritueux sont consommés en France. En moyenne, un Français boit 42 litres de vin par an. La consommation a fortement chuté depuis les années 1960, où la moyenne était de 100 litres par an et par personne, mais elle reste supérieure aux autres pays européens.

La consommation de vin en France devrait se réduire jusqu'en 2020, surtout pour le vin rouge, tandis que la consommation mondiale continuerait de progresser légèrement, selon une étude Vinexpo/IWSR (International Wine and Spirit Research). Toujours selon cette étude, de 100 litres par an, la consommation par habitant est passée à 47 litres l'an passé et devrait être de 43,63 litres d'ici 2020. Le Portugal deviendrait alors le premier consommateur mondial de vin avec 49,79 litres par habitant.

Millésime 2017 consommation baisse vin France


Les Français boivent de moins en moins d'alcool et le vin n'échappe pas à la règle. De plus, le nombre de non-consommateurs est quant à lui en augmentation.

La tendance se confirme un peu plus chaque année. Les Français achètent de moins en moins d'alcool. En 2016, ils en ont acheté 71 litres presque deux litres de moins qu'en 2015. Au total sur dix ans, la baisse est de dix litres par an et par foyer. Une tendance qui s'explique notamment par le choix de la qualité. En effet, si la quantité décline, le budget annuel des ménages lui ne baisse presque pas. Les Français dépensent environ 327 euros par an dans l'alcool. S’ils aspirent à boire moins, ils aspirent également à boire mieux — en tout cas, je l'espère —.

Les Français sont toujours attachés au vin rouge qui occupe toujours plus de la moitié des parts de marché, mais la tendance est à la baisse avec une prévision de - 12,47 % d’ici trois ans. Le blanc n'est pas en reste avec une baisse prévue de 4,26 %. Les grands gagnants à l’horizon 2020 sont le rosé qui représente 30,8 % des parts de marché (+ 0,52 %) et surtout les vins effervescents (+ 4 %).

Les produits étrangers se valorisent


La concurrence des vins étrangers est de plus en plus forte. Tandis que les vins tranquilles étrangers ne connaissent pas encore une demande importante, les vins que la France va consommer plus sont aussi ceux qui sont de plus en plus importés.

millésime 2017 vin France concurrence étrangers


Le Prosecco bénéficie depuis quelques années d'une image décontractée. On constate chez les cavistes comme dans les bars une demande de plus en plus forte pour le Prosecco au détriment du crémant qui semble avoir plus de peine aujourd'hui à se valoriser. Ce mode de consommation est novateur et apporte de la fraîcheur dans un monde du vin plutôt traditionnel.

Le rosé n'est pas en reste, puisque les Français boivent tellement de rosé qu'ils doivent en importer. Selon l'Observatoire économique mondial des vins rosés, la France pèse pour près d’un tiers de la production mondiale de rosés avec 7,3 millions d’hectolitres produits en 2015. En parallèle, la consommation de vins rosés en France a atteint près de 8,2 millions d'hectolitres la même année. Puisque la France exporte 16 % de sa production de rosé, elle doit en importer pour alimenter le marché intérieur. Elle devient dès lors le premier pays importateur au monde avec 23% des volumes.

Le millésime 2017, année dangereuse pour le vin français


La production n'a jamais été aussi basse et la qualité risque bien de ne pas être au rendez-vous cette année. Avec une consommation en baisse, les Français se tournent de plus en plus vers des produits étrangers. Vous l'aurez compris, je pense sincèrement que le millésime 2017 risque d'être une année particulièrement difficile pour de nombreux acteurs du monde du vin en France...

Et vous, pensez-vous comme moi que le vin français est en danger ? Donnez-moi votre avis en commentaire.

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mercredi 16 août 2017

George Lucas investit dans le vin de Provence

Voici l'information qui agite le web du vin : George Lucas a discrètement fait l'acquisition d'une quinzaine d'hectares de vignoble dans le Var. Cette transaction réalisée au mois d'avril vient d'être révélée par le quotidien Var-Matin.

George Lucas vin Provence Star Wars

Le Château Margüi a ajouté en bas de son site Internet la mention : « A member of Skywalker Vineyards », seul indice révélant le nom du nouveau propriétaire de ce domaine viticole de Châteauvert. Georges Lucas, père de la saga Star Wars, se serait donc installé tout près du Château Miraval de Brad Pitt et Angelina Jolie.

Une acquisition pour 9,5 millions d'euros


Philippe Guillanton, propriétaire du domaine depuis dix-sept ans, a indiqué à l'AFP que le réalisateur américain George Lucas a acquis le Château Margüi, une propriété viticole à Châteauvert dans le Var.

Domaine Margui George Lucas Star Wars vin

L'ancien propriétaire n'a pas communiqué le montant de la transaction, mais le maire de cette commune varoise, Serge Loudes, a révélé dans les colonnes de Var-Matin la somme de 9,5 millions d'euros.

La transaction a été réalisée par le groupe « Skywalker Vineyards », une société d'investissement viticole propriétaire de vignobles en Californie, ainsi qu'en Italie. Georges Lucas est l'actionnaire principal de cette entreprise reprenant le nom de Skywalker, héros de la saga Star Wars.

Ce montant peut paraître élevé, pourtant c'est un plutôt bon prix d’acquisition. Pour comparer, Brad Pitt et Angelina Jolie avaient déboursé près de quarante millions d'euros en 2008 dans la commune voisine du Val pour les 600 hectares de leur domaine de Miraval, dont 50 hectares de vignes. Bien que divorcé, les Brangelina ont finalement décidé de garder leur domaine.

Chateau Margui George Lucas Star Wars vin

Un investissement de 15 millions d'euros pour la cave


La société d'investissement « Skywalker Vineyards », détenue par George Lucas, souhaite investir 15 millions d'euros de plus afin de moderniser la cave et construire une résidence hôtelière pour accueillir des réceptions privées et réunions d'entreprises.

George Lucas Star Wars vin provence

Le conseil municipal de la commune de Châteauvert a d'ailleurs voté en février dernier la modification du plan local d'urbanisme pour s'accorder avec ce nouveau projet d'extension. D'après Philippe Guillanton, cet investissement permettrait de créer « entre vingt et trente emplois » après deux ans de travaux.

Le Château Margüi est un domaine somptueux de 115 hectares de vignes, cyprès et oliviers. Des vignobles, oliveraies, vergers et potagers, 3 sources, une allée centenaire et des bassins anciens. Les 115 ha ont été classés AB par Ecocert. L'élégant Château du XVIIIe siècle est reconnu comme « bâtiment agricole remarquable ». Le domaine dispose aussi d'une chapelle romane. Au total, 2000m² habitables sont enchâssés dans les jardins à la française et réhabilités dans une pure authenticité architecturale.

Un investissement malin de George Lucas


Derrière les domaines viticoles de Bordeaux, le vignoble méditerranéen est le 2e plus recherché par les investisseurs d'après Vinea, une agence de Montpellier spécialisée dans ce genre de transaction. Le boom spectaculaire du vin rosé dans le monde ces dix dernières années a fait doubler le prix de l'hectare en Côtes de Provence. L'ancien pilote de Formule 1 Michael Schumacher, le roi du cachemire Eric Bompard ou la famille Schneider ont aussi investi dans la région.

Le vin quant à lui se décline en blanc, rouge et rosé, sous l'appellation Côteaux-Varois-en-Provence. Bien que je ne sois pas pro-médailles, il faut reconnaître que les vins du domaine Margüi sont régulièrement récompensés dans des concours reconnus. Pour exemple :


  • Le vin rouge du Château Margüi 2011 : Titien de Margüi composé de Syrah 66% et Cabernet Sauvignon 34% était Médaille d’Or du Concours Mâcon en 2013.
  • Le rosé Perle de Margüi composé de Cinsault 40%, Grenache 40%, Syrah 10%, Rolle 10% a obtenu une étoile au Guide Hachette en 2017.
  • Le vin blanc du Château de Margüi 2015 : L'or des Pierres, composé de Vermentino 90 % et Ugni Blanc 10 %, est médaille d'argent au Concours Général Agricole de Paris 2016.

Pour en découvrir plus sur le Château Margüi : lien


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lundi 7 août 2017

Quel est le vin le plus cher du monde ?

Quel est le vin le plus cher au monde en 2017 ?




Baptisées « Wine O'Clock », les ventes aux enchères en ligne organisées par le cabiet expert en ventes de vins d'exception Baghera/Wine a encore battu des records. Lors de la dernière vente organisée le 06 juin 2017, le prestigieux domaine de la Romanée-Conti a une nouvelle fois explosé les compteurs. Cette fois-ci, c'est un jéroboam de 1999 qui a été cédé pour 82'800 francs suisses, soit près de 76'300 €.

Cette vente aux enchères mettait à l'honneur la fameuse maison donnant naissance à l'un des meilleurs crus de Bourgogne depuis 1'500 ans. En tout, 55 lots comptant 8 grands crus étaient proposés aux enchères sous le doux nom de « Immaculate DRC ». La vente s'est terminé sur un chiffre d'affaires réalisé de plus d'un million d'euros.

Déjà en février dernier, le domaine avait battu un record avec la vente aux enchères d'un lot de 5 bouteilles du millésime 1999 pour près de 72'000 €.


Michael Ganne, Directeur Exécutif de Baghera/wines précise : « En 13 Wine O’Clock, Baghera/wines a vendu pour près de 3,5 millions de francs de vins sur Internet. La recette du succès ? Une sélection très qualitative de grands vins, une présentation soignée en collections thématiques disponibles sur e-catalogues, une plateforme d’enchères simple d’utilisation et sécurisée. Nous avons aujourd’hui suffisamment de recul pour observer que les usages des collectionneurs de vins prestigieux ont réellement changé : Internet est devenu un canal de vente de grands vins incontournable et plébiscité par les collectionneurs.

Si vous avez gagné au loto, retenez que la prochaine vente « Wine O'Clock » se déroulera en septembre et sera réservée aux grands vins de Bordeaux.

Et pour une bouteille de 75 cl ?




Une bouteille très rare du fameux domaine australien Penfolds a été vendue le 19 juillet 2017 pour près de 35'158 €. Il s’agit là du Penfolds Grange 1951. Ce vin rouge de collection à majorité de Syrah, dont il ne resterait qu'une vingtaine de bouteilles dans le monde.

Nick Stamford, organisateur de la vente aux enchères à Melbourne a déclaré  : « Il est très rare d’atteindre ce genre de somme, mais cette bouteille fait partie de l’histoire du vin australien [...] Nous pensons que c’est un des vins les plus chers vendus en Australie  ».

Le domaine Penfolds, produit du vin depuis 1844. Il est connu pour son Grange qui avait été créé en 1951 par le viticulteur Max Schubert qui avait auparavant étudié comment se vinifiait les Bordeaux. Le premier millésime officiellement commercialisé avait été le 1952. Le millésime 1951 avait été offert aux amis et membres de la famille des propriétaires du groupe, raison pour laquelle notre vin a pu être vendu à un montant si élevé.

Depuis ses débuts, le Penfolds Grange a été plusieurs fois distingué. Le millésime 1990 avait reçu la distinction en 1995 « vin de l’année » par la revue « Wine Spectator » qui, pour la première fois, n’attribuait pas ce titre à un vin français ou californien. Le 2008 avait pour sa part reçu de l’influent critique de vin, Robert Parker, la note maximum de 100.

Il est suffisamment rare constater un vin non Bourguignon battre de tels records pour vous en parler ici !


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... Ça se passait en 2015


La surprise de la semaine : le vin le plus cher au monde est un Bourgogne, mais pas un Romanée-Conti. Il s'agit du Richebourg Grand Cru d'Henri Jayer, un vin de la Côte de Nuits qui se négocie à pas moins de 15 195 $, soit 14 254 €.


On va m'accuser de parti pris, mais le premier Bordeaux est à la 18e place derrière un bon nombre de Bourgogne ! Ce vin est sans surprise le Petrus à Pomerol qui se négocie à seulement 2 462 €. La Bourgogne est encore cette année à l'honneur dans ce classement puisqu'elle occupe les trois places du podium et 40 des 50 vins de ce top !

Cette nouvelle nous vient du site Wine-Searcher qui publie chaque année son Top 50 des vins les plus chers au monde. La société, fondée en 1999 et basée en Nouvelle-Zélande, a comparé les prix de 7 283 489 bouteilles de vin, tous millésimes confondus chez 54 876 cavistes, négociants et producteurs dans le monde.


beaux-vin blog actualité vin plus cher 2015

 Henri Jayer, un homme d’exception


Henri Jayer, décédé en 2006, est l'icône de la viticulture bourguignonne. On lui doit cette vérité : « Un grand vin est conçu dans le vignoble, pas dans la cave. ». Il s'est invariablement battu contre l'usage des produits chimiques et a défendu le labour dans les vignes. Il était aussi réputé pour refuser de filtrer ses vins et recourait systématiquement à l'éraflage des raisins [l'action d'enlever la petite tige verte de la grappe de raisin avant la macération]. En Bourgogne comme ailleurs, beaucoup de vignerons n'éraflent pas leurs raisins pour augmenter les tannins de leurs vins, mais au prix d'un goût herbacé. Aussi grand défenseur de la production à faible rendement, il produisait que 3 500 bouteilles par an. 



Deux Champagnes dans le classement


Seulement deux champagnes sont au classement cette année avec Krug Clos d'Ambonnay qui se place 24e avec un prix moyen de 2 059 € et, à la 32e place le Moët et Chandon Dom Pérignon P3 Plénitude brut avec un prix de 1 481 €.

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Et les vins étrangers ? 


Les vins étrangers sont aussi présents, puisque deux vignerons allemands se positionnent dans le classement:
  1.  Egon Müller:
    • à la 4e place, le Scharzhofberger Riesling Trockenbeerenauslese à 6 060 €
    • à la 38e place, pour son Eiswein (vin de glace) à 1 358 €
  1. Joh. Jos. Prüm
    • à la 7e place, pour son Wehlener Sonnenuhr Riesling Trockenbeerenauslese* à 4 301 €
    • à la 44e place, pour son Wehlener Sonnenuhr Riesling Beerenauslese** à 1 212 €
On retrouve aussi un vin du « Nouveau monde », un Californien de la Napa Valley qui se hisse au 14e rang : le Screaming Eagle Cabernet Sauvignon à 2 636 €. Avec ce nom là, ça respire bon les États-Unis !

beaux-vin blog actualité vin plus cher 2015

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* Trockenbeerenauslese: raisins particulièrement desséchés et cueillis grain par grain
** Beerenauslese: extrêmement doux, presque liquoreux, issus de raisins sélectionnés à surmaturité, souvent atteints par la pourriture noble, ce qui concentre leur sucre et leur parfum. Comparables aux Sauternes, ils sont évidemment rares et coûteux
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lundi 31 juillet 2017

Quel pays est le plus gros producteur de vin ?

Une production mondiale de vins en recule en 2016


beaux-vin blog actualité vin premier producteur 2016

D'après l'Organisation Internationale de la Vigne et du vin (OIV), la production mondiale de vin a diminué de 5% l'an passé, à 259 millions d’hectolitres. Ces contre-performances contribuent à la régression de la production mondiale de vin en 2016. En 2016, la météo a été très mauvaise dans de nombreux pays producteur, mais la France accuse l'un des reculs les plus marqués en volume (-3,5%).

Ce niveau de production est l'in des plus faibles depuis vingt ans. Cependant, rassurez-vous : le volume stocké reste supérieur à la consommation mondiale !

Un trio européen toujours gagnant


L'Italie confirme sa place de leader (48,8 Miohl), suivie par la France (41,9 Miohl), et par l’Espagne (37,8 Miohl).

Il est à noter que l'Italie creuse l'écart avec l'hexagone grâce à un recul de production de seulement 2% par rapport à 2015. La France prend une claque avec une baisse de 12% de sa production causée par une météo plutôt mauvaise : printemps pluvieux, épisodes de grêle et de gel, ainsi que la sécheresse. L'Espagne s'en sort plutôt bien avec une hausse de sa production de près de 1%.

Des variations énormes dans le classement


blog beaux-vins carte pays producteur vin 2016


La météo a fait des siennes dans de nombreux pays producteurs. Certains en sortent gagnant, comme la Roumanie qui après deux mauvaises récoltes retrouve un bon niveau de production avec 4,9 Miohl (+37%).

À l'inverse, des pays ont constaté une baisse significative de leurs productions.En Amérique du Sud les productions ont été fortement impactées par les évènements climatiques : l’Argentine enregistre une forte baisse de sa production avec 8,8 Miohl vinifiés en 2016 (-35% par rapport à 2015) ; le Chili (10,1 Miohl) recule de 21% par rapport à 2015. Enfin le Brésil, compte une production de 1,4 Miohl (soit une baisse significative de 50% par rapport à 2015).

La quantité ne veut pas dire qualité


Il ne faut pas oublier que la France reste le pays qui valorise le mieux son vin. Même avec une production faible, l'hexagone arrive à tirer son épingle du jeu grâce à la qualité connu et reconnu de ses vins. En 2015, ces ventes à l’exportation étaient au plus haut avec 11,7 milliards d’euros. Ce montant représente une superbe contribution à l’excédent de la balance commerciale française de 10,4 milliards d’euros.

Pour retrouver l'ensemble des données : OIV

C'était en 2015


Confirmant la tendance observée début octobre 2015 par la Commission européenne, l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), basée à Paris, publie les données annuelles sur la production de vin. Le millésime 2015 est estimé à 275,2 millions d’hectolitres (Mhl), soit une hausse de 2 %. L’année 2014 était faible face à 2013, donc cette hausse reste à relativiser.

Un trio européen domine le classement


L’Italie semble retrouver sa place de premier producteur devant la France. L’Italie grâce à des conditions propices a enregistré une hausse de 10 % de sa production – provisoire — de vin par rapport à 2014. Avec ses 48,86 Mhl, elle devance la France qui devrait produire pas moins de 47,37 Mhl, ce qui correspond à une augmentation de seulement 1 %.

À la troisième place, nous retrouvons l'Espagne qui était arrivée à se faufiler en 2013 dans le duo de tête. Son niveau de production, en baisse de 4 %, est revenu à des volumes de production plus habituels avec 36,6 Mhl.

Les pays non européens suivent


Après ce trio de tête européen nous retrouvons des pays un peu plus éloignés avec les États-Unis qui conservent un niveau de production élevé depuis 3 ans avec 22 Mhl, l'Argentine qui dégringole carrément avec une baisse de 12 % de volume produit atteignant ainsi péniblement les 13,4 Mhl, suivi de très près par le Chili qui explose les compteurs avec une hausse – digne d'une croissance chinoise — de 23 % ! Soit, une production de 12,87 Mhl puis vient l'Australie avec 12 Mhl.


beaux-vin blog actualité vin premier producteur 2015
Source: L'Est éclair

Les Français restent premiers au classement rosé


Les vins rosés, pour lesquels l'OIV propose un focus cette année, représentant pas moins de 24,3 Mhl soit 9,6 % de la production mondiale. Quatre pays se partagent 80 % de la production – Pareto es-tu là ? — : la France, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie. Et là, notre cher hexagone conserve sa place de leader incontesté avec 7,6 Mhl, suivi – si on peut dire ça ainsi — de l'Italie qui ne représente que 2,5 Mhl. Le marché des rosés connaît depuis 10 ans une hausse de la production de 16 % et de la consommation de 20 %. – attention à la pénurie cet été


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En réalité, ce classement quantitatif n'a pas vraiment de sens et ne doit pas être vu d'un mauvais œil. Une production faible est souvent synonyme de bonne qualité et de haut millésime — c'est comme dans tout, « beaucoup » ne veut pas dire meilleur —. Seuls deux pays ont fixé des limites de rendement : la France et l'Italie. La France possède un rendement inférieur à celui de l'Italie, puisque notre beau pays possède un rendement moyen de 58hl par hectare tandis que l'Italie est à 68 hl par hectare.

Rappelons les mots du site de Château Margaux concernant le rendement :


« Le rendement des vignes, exprimé par leur production (kilos de raisins ou hectolitres de vin) à l'hectare, est un facteur clé de la qualité des raisins. Une récolte trop abondante n'arrive jamais à maturité, car les ceps s'épuisent inutilement à nourrir trop de grappes à la fois. Afin de protéger la qualité des vins et la longévité des vignes, l'appellation Margaux a fixé une limite qui est en général la plus restrictive du Médoc. »

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mardi 18 juillet 2017

Reignac : le petit Bordeaux qui s'est rêvé Grand Cru

Yves Vatelot, propriétaire du Château de Reignac — Entre-Deux-Mers —, a comparu devant le tribunal de Bordeaux pour « pratiques commerciales trompeuses ».



Toute cette histoire commence par une dégustation à l'aveugle organisée par un grand jury de dégustateurs. En 2009, le Château de Reignac concourait au côté de Petrus, Château Margaux et autre Cheval Blanc. Résultat de la dégustation à l'aveugle : notre fameux domaine arrivait deuxième, derrière le Château Angelus. Dans la foulée, Yves Vatelot lançait sur Youtube une vidéo qui poussait comme des champignons suspects sur les réseaux sociaux.


Mon avis sur cette vidéo


Cette vidéo a été capturée à l’hôtel Laurent (Paris), le 29 juin 2009. Cette dégustation à l'aveugle est organisée par François Mauss, créateur du Grand Jury Européen en 1996. L'objectif de Mauss est de proposer un point de vue collectif sur les vins pour limiter l'influence des critiques unilatérales. Ainsi, il a proposé à 15 dégustateurs reconnus 11 vins du millésime 2001 sans connaître les étiquettes à l’avance. Jusque-là tout va bien me direz-vous ?

... Mais il ne faut pas pousser mémé !


Je trouve édifiant et instructif de voir les pontes de la dégustation dire que le Château Haut-Brion est imbuvable, que le Château Margaux est acide ou encore que le Petrus 2001 est évolué sans pour autant les avoir reconnus à l'aveugle ! Pour des pointures du monde du vin, ça fait presque peur...

À côté de ça, ces cadors adorateurs de Bacchus font du pied au Château Reignac 2001, un simple Bordeaux Supérieur à moins de 20 €. Le vin est confondu avec le Château Angelus et est placé deuxième de la dégustation. La vérité c'est que le Château Reignac n'est pas un mauvais vin, c'est même un très bon Bordeaux supérieur à moins de 20 €. Par contre, de là à le confondre avec la crème de la crème du bordelais, il ne faudrait pas pousser. Et dire qu'il donne chaque année des conseils sur les primeurs bordelais, alors qu'ils ne sont pas foutus de faire la différence entre un Bordeaux supérieur et un Petrus...

Loin des meilleurs Bordeaux, ce vin manque de finesse, d'élégance et de complexité pour entrer dans la cour des grands. Je me demande encore aujourd'hui comment le « Grand » Jury Européen a pu donner un avis aussi partial sur cette dégustation. Grisé par leur notoriété, ont-ils passé plus de temps à vouloir reconnaître les vins qu'à vraiment les noter ? Nous ne le saurons certainement jamais.

Imaginons qu'ils sont à la hauteur de leur réputation démesurée


Une dégustation comme celle-ci n'est qu'une photographie capturant en une demi-seconde un instant futile du monde du vin. C'est bien beau tout ça, mais qu'en est-il de la capacité de vieillissement de ces quilles ? Reignac, après 20 ans de conservation, risque d'être bien fade face à un Petrus du même millésime ! En plus de ça, le Reignac dégusté était-il à son apogée lors de la dégustation face à ces concurrents bien trop jeunes pour être appréciés à leur juste valeur ?

Leur devise est jolie sur le papier. Comment pourrait-on contredire qu'un avis collectif soit meilleur qu'un seul ? On se croirait dans un roman d'Alexandre Dumas où les héros scandent en chœur « Un pour tous, tous pour un ! ». Sauf qu'une somme de subjectivité ne donnera jamais une objectivité. Donc ce que proposent ces dégustateurs, comme d'habitude, c'est de la poudre de Perlimpinpin !

Le tour était joué, il ne manquait plus que les journalistes et blogueurs ayant pignon sur rue pour que l'information soit propagée comme une traînée de poudre.

Quand on attaque l'Empire, l'Empire contre-attaque


Bien que cette vidéo ait fait beaucoup parler d'elle, c'est un encart publicitaire dans le Figaro qui a fini par déclencher l'ire de la profession. Le vigneron de Saint-Loubès s'était inspiré en 2014 du slogan de France Info pour provoquer le Léviathan bordelais. La publicité revendique en ces quelques mots : « Reignac, 1er grand cru classé ». Un astérisque renvoyait à une mention révélant que « Si c’était vrai, peu se l’offriraient. »



Sous la pression et la détermination de la profession, Yves Vatelot s'était contraint à modifier le contenu de sa publicité. Mais c'était trop tard, l’inquisition bordelaise était lasse de son comportement hérétique ! Trois ans plus tard, le propriétaire du Château de Reignac se retrouve sur le banc des accusés pour pratiques commerciales trompeuses et publicité comparative illicite. Le Conseil des vins de Saint-Émilion, l’Union des grands crus classés de Graves et le Conseil des grands crus classés de 1855 n’y vont pas avec le dos de la bouteille. Chacun réclame la modique somme de 100'000 € de dommages et intérêts.

L'enquête menée par la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi, judicieusement appelée Direccte, a confirmé les accusations. « Toute sa commercialisation est basée sur la comparaison. Il cultive en permanence le doute et entretient la confusion », accuse Me Poulou en détaillant les brochures et le contenu de certaines des pages du site Internet du Château.

Pour Yves Vatelot cette mascarade de justice n'a aucun sens : « Le consommateur moyen s’y connaît. Il sait qu’à 20 euros, il ne peut pas se payer de grands crus classés ». Mais les vieux décrets sont toujours là et de vigueur.




L'utilisation de la mention « Grand Cru classé » est codifiée. Personne ne peut s'en prévaloir car son usage est exclusivement réservé aux élites du vignoble de Bordeaux. Quant à la publicité comparative, elle n'est acceptée qu'entre viticulteurs de même « niveau ». Rien n'interdit les Bordeaux Supérieur de mener un combat de coqs, mais ils doivent le faire dans leur cour.

« Il agace les grands crus »


Juridiquement, les dégustations à l'aveugle remettant en cause la suprématie de Grands Crus n’ont pas grande valeur. « Les journalistes, les critiques peuvent faire des comparaisons. Ils en ont le droit. Lui non. La législation protège les grands crus classés. La bouteille est chère, mais derrière il y a la qualité », insiste la procureure Nathalie Queran, requérant une peine de prison avec sursis assortie d’une amende de 30'000 € à l’encontre du Château de Reignac.

L'avocate d'Yves Vatelot, Me François Tosi déplore « Ces poursuites qui n’ont pas de sens ». « On lui reproche, par exemple, d’avoir dit que son terroir était digne de celui d’un grand cru classé. Mais c’est écrit dans le Féret, la bible des vins de Bordeaux. En quoi, s’appuyer sur des écrits incontestables ou sur des critiques de spécialistes pour promouvoir ses crus serait illicite ou de nature à induire en erreur ? Reignac tire vers le haut l’appellation Bordeaux Supérieur mais il agace les grands crus. Ils veulent lui mettre le pied dessus », s’emporte François Tosi sous le regard du dit vigneron.

La justice leur a donné raison. Yves Vatelot devra payer 30'000 € d’amende, dont 20'000 € avec sursis. De plus, le vigneron devra verser 2'000 € à chaque partie civile.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Les Animaux de la Peste — La Fontaine


Ici, le bodet ne s'est pas contenté de tondre le pré de la largeur de sa langue. Il s'est cru pour le renard et a eu les dents bien longues en s'attaquant avec désinvolture aux « Rois » du bordelais. Cette affaire nous révèle qu'il n'y a pas de gagnant, mais que des perdants. À vouloir trop en faire, on se retrouve sur le banc des accusés à plaider une cause perdue face à des puissants dont le pouvoir n'a d'égale que leur avarice.

Que pensez-vous de cette affaire ? Le Château Reignac a-t-il été trop gourmand ou les Grands Crus bordelais sont allé trop loin ? N'hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

Jean-Nicolas Mouretin

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jeudi 13 juillet 2017

Quel vin boire avec une salade de tomates et mozzarella ?

Au cours de la période estivale, lorsque les jours sont plus longs et chauds, je rêve soir après soir de nourriture plus légère. Ma mère serait fière de savoir la quantité de légumes que je peux engloutir volontairement lorsque les températures augmentent.



S'il y a bien une entrée que l'on apprécie volontiers pendant la saison estivale, c'est bien la salade de tomates et mozzarella. Il est difficile d'imaginer une entrée plus rafraîchissante que celle-ci avant d'attaquer le barbecue. Saviez-vous que la salade de tomates et mozzarella, ou devrais-je dire la salade caprese, est née qu'en 1952 ? 

La salade caprese : avant tout une belle histoire !


Au large de la côte d'Amalfi, près de Naples, l'île de Capri attire de nombreux vacanciers. Mais ce n'est pas que les belles maisons blanches au bord de la mer qui les attirent, il y a aussi la gastronomie locale. La fameuse salade caprese est née en ces lieux : des tomates, de la mozzarella et du basilic. Une recette des plus simple, mais symbolisant bien l'endroit.

L'appétit du roi Farouk.




Ce sont toutes ces raisons qui ont mené à Capri l'homme à qui on doit cette salade. En 1952, le roi Farouk d'Égypte en exil fait escale sur l'île et commande la première salade caprese de l'histoire. La scène se passe au Chat Blanc, hôtel luxueux de l'époque, après la baignade matinale du souverain. Le petit-fils du gérant des lieux se souvient « Il a demandé quelque chose de frais, alors on a inventé cette salade, qui nous rappelait d'ailleurs les couleurs du drapeau italien ».

Comment préparer une belle salade caprese ?


La recette de la salade caprese, ou tomates-mozzarella, est d'une simplicité déconcertante. La vraie différence va se jouer sur le bon choix des ingrédients.



Les tomates doivent être bien mûres et goûteuses pour ne pas être trop acides et avoir du goût. : préférez les tomates « cœur de bœuf » ou « noire de Crimée » pour mettre toutes les chances de votre côté. Choisissez une mozzarella di buffala plutôt que les morceaux de plastique à 10 centimes trouvés au supermarché !

Préparation : 10 minutes
Pour 4 personnes :
Tomates – 4 bien mûres
Mozzarella di buffala – 4 de 250 g chaque
Huile d’olive vierge extra – 100 ml
Basilic
Origan – 1 cuillère
Poivre et sel

Versez l’huile d’olive dans un bol et mélangez-la avec le sel et l'origan et laissez le tout de côté. Coupez les tomates et la mozzarella en tranche. 
Sur chaque assiette, disposez à tour de rôle les tranches de tomates et de mozzarella ; entre chaque tranche, faites couler un peu de votre mélange précédent et déposez des feuilles de basilic frais. Utilisez ce qu'il vous reste de feuilles de basilic et de préparation pour décorer, assaisonnez votre assiette avec un fil d’huile d’olive, poivrez et le tour est joué ! 

Vous pouvez adapter cette recette en y ajoutant un trait de vinaigre balsamique ou en remplaçant le basilic par de la menthe fraîche. 

Quel vin choisir pour accompagner votre salade caprese ? 


Ce qui m'a donné envie d'écrire cet article est le site d'un restaurant proposant « un Chianti bien frais » pour accompagner sa salade de tomates et mozzarella. C'est une pure hérésie, parce que la salade caprese réclame des vins avec le même caractère : de la fraîcheur ! Il faut donc mieux opter pour un blanc ou un rosé. 

La mauvaise idée du vin rouge


Du côté des vins blancs


Avec votre salade de tomates et mozzarella, je vous conseille de vous diriger vers un vin blanc sec léger plutôt vif. On évite donc les vins blancs boisés ou gras. 

On peut jouer sur le « presque » local avec des vins du pourtour méditerranéen. Quel vin blanc choisir pour accompagner votre salade de tomates et mozarella ?

Les Côtes du Rhône blancs sont des vins très aromatiques et dominés par de belles notes de fleurs blanches. 

Un Cassis blanc sera aussi une très belle possibilité. Ce vignoble surplombant la Méditerranée est dominé par des notes de fleurs blanches et d'agrumes. Ce vin à la particularité d'être doté de fines notes iodées. 

Majoritairement composé de Marsanne et de Clairette, le Cassis Blanc est une très belle possibilité. La Marsanne, originaire de la vallée du Rhône, s’est parfaitement adaptée à la région. Elle apporte des arômes fins dominés par des notes de fleurs blanches ainsi qu'une belle longueur en bouche. La Clairette participe à la fraîcheur des blancs de Cassis. Elle leur offre des senteurs anisées, de garrigue, de miel d’acacia et de fruits à chair blanche. Elle confère, en outre, de la rondeur et du gras.



Mon accord parfait : l'accord que j'apprécie par-dessus tout avec la salade caprese est un blanc des Alpilles. Le Mas de Gourgonnier est un vin issu de raisins de l’agriculture biologique. Ce vin est un assemblage de Sauvignon, de Rolle et de Grenache blanc.Le nez est fin, subtil, et nous annonce une belle fraîcheur en bouche. On a l'impression de sentir un bouquet de fleurs blanches. En bouche, nous retrouvons les mêmes arômes avec, en accompagnement, de belles notes acidulées d'agrumes. Ce vin est d'une fraîcheur pure, vibrante et revigorante. 


Du côté des vins rosés


La salade caprese est un bon exemple d'équilibre : on y retrouve de l'acidité grâce à la tomate, opposée au gras de la mozzarella, et le tout relevé par l'intensité aromatique du basilic. La salade de tomates mozarrella se marie à merveille avec un rosé frais et fruité.

Vous pouvez aisément associer votre plat à un Côtes de Provence rosé et ses saveurs de fleurs blanches, d'agrumes et de fruits exotiques. Ce vin particulièrement léger sera le compagnon idéal de la salade de tomates mozzarella. Il mettra en avant les arômes en s'associant discrètement aux saveurs du plat.

Vous pouvez aussi opter pour un vin de la Vallée du Rhône : un Côtes du Rhône ou un Lirac sont de très bons choix pour cet accord met et vin. Sans oublier les vins du Languedoc, comme un Corbières rosé.



Mon accord préféré : Les connaisseurs le désignent comme le meilleur rosé en France. Je parle bien entendu du Tavel. Il se distingue par une belle expressivité aromatique pour un rosé. On y retrouve des arômes profonds de fruits rouges. Neuf Cépages de caractère peuvent être associés ; qui chacun par son caractère, apportent une matière et une lumière particulière au Tavel. C'est un vin rosé parfaitement équilibré, tout comme notre salade caprese !

Du côté des vins rouges


Même s'il y a des irréductibles voulant mettre le vin rouge à toutes les sauces, je vous déconseille d'accompagner votre salade caprese avec un vin rouge. Les tanins, même légers, prendront le dessus sur les arômes légers de ce plat.

Jean-Nicolas Mouretin


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mercredi 21 juin 2017

J'ai testé pour vous : la dégustation par Les Vins d'Hélène

Les Vins d'Hélène, c'est en premier lieu une personne : Hélène Martin-Vivier. Elle façonne sa vision du milieu vinicole pendant 20 ans auprès des Domaines barons de Rothschild avant de rejoindre Decanter Magazine. Elle a aussi su s'entourer de grands noms du monde du vin comme Franck Thomas, meilleur sommelier de France et d'Europe 2000.



Ensemble, ils sélectionnent des vins élégants pour vivre de véritables expériences gustatives à Paris ou en entreprise.

Hélène, caviste à domicile, organise des dégustations conviviales et ludiques, une expérience unique pour ressentir le vin. Ici, pas la peine d'être un expert, c'est une aventure ouverte à tous. On écoute son cœur ! On laisse le vocabulaire d’œnologie compliqué de la dégustation au placard.

Un lieu, une invitation au voyage


La nuit de Diane - Jan Fabre

Il y a peu, j'ai été convié par Les Vins d'Hélène à retrouver une vingtaine de personnes pour participer à un atelier de dégustation au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Au commencement, je fus surpris par le choix du lieu. Pourquoi faire une dégustation de vins dans un musée ? Pour vivre un voyage émotionnel !

Hélène intervient dans des lieux où on ne l'attend pas : des musées, des galeries, un concert. Son idée : allier le beau et le bon dans un moment sur mesure.

Inauguré par André Malraux, l’hôtel de Guénégaud réunit des collections sur le rapport étroit entre l'Homme et son environnement naturel.

Vex - Kate MccGwire

Accompagnés d'une guide, nous découvrons une sélection d'œuvres d'art. Des tableaux, des tapisseries et installations qui ne sont pas choisis au hasard : ils sont les passerelles menant à la dégustation. On parle de ce qu'on y voit, de ce que ces œuvres nous font ressentir.

L'œuvre Vex de Kate MccGwire résume bien l'expérience. Tandis que la guide nous demandait ce qu'on y voyait, certains voyaient en cette forme la naissance, d'autres l’oppression ou la peur. Ici, pas de mauvaises réponses : on parle de ce qu'on ressent, les langues se délient, le partage commence.

On se promène dans le Musée, découvrant et discutant des quatre œuvres d'art. On se découvre comme lors d'un voyage entre amis.

Une dégustation, l'aboutissement du voyage




Une fois cette immersion artistique terminée, il est temps de voyager au cœur de son goût. Autour d'une table, on découvre de beaux vins à l'aveugle associés à de beaux mets dans une ambiance conviviale.

On se laisse transporter par les odeurs, les saveurs, mais surtout par nos émotions et souvenirs, véritables sources d'inspirations pour parler de Grands Vins. On goûte le vin, on l'associe à un met, bien au-delà d'une dégustation classique : on associe le vin à une des œuvres d'art. C'est là toute la beauté des dégustations organisées par Les Vins d'Hélène !

On est pas là en œnologue à parler roue des arômes, millésimes et cépages : on se dévoile à soi-même et aux autres autour d'un verre de vin.

Les autres ateliers de dégustation


Caviste à domicile


Les Vins d'Hélène, ce n'est pas seulement des ateliers de dégustation dans un musée, c'est aussi la possibilité de passer une soirée inoubliable avec ses amis, et ce, directement chez soi. Plus besoin de traverser le tout Paris, la dégustation vient à vous ! L'animateur vient avec tout son matériel pour vous faire passer un moment simple et inoubliable à la fois.

Pendant 1h15, partez dénicher vos crus coups de cœur. À l'issue de la dégustation, votre animateur est là pour répondre à vos questions, prendre vos commandes pour que vos crus préférés soient livrés chez vous quelques jours plus tard.

Ateliers de dégustation en entreprise


Le vin est une boisson sociale, porteur de convivialité et de plaisir. Organiser une dégustation en entreprise est le moyen parfait pour fédérer et passer un bon moment entre collaborateurs. Le Team Building œnologique est à la portée de tous, mesuré et sur mesure. Une expérience prouvée et appréciée.



Jean-Nicolas Mouretin


Les Vins D'Hélène


Les Vins d’Hélène • Caviste à domicile et dégustation

Site web : www.lesvinsdhelene.com
Facebook : Les Vins d'Hélène
Mail : Helene@lesvinsdhelene.com

* Cet article a été publié en collaboration avec Les Vins d'Hélène

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